samedi , 16 décembre 2017
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Photo d'une présidente de la république assis, la main sous le menton.
Ameenah Gurib-Fakim - Président de la République de Maurice.

Maurice, un véritable « hub » en Afrique

Longtemps connue comme « l’étoile et la clé de l’océan Indien », Maurice aspire, aujourd’hui, à devenir un véritable ‘hub’ régional. Outre le ‘Shipping Hub’ et l’ouverture de l’Air Corridor entre l’Asie et l’Afrique à travers Maurice, le pays est aussi sollicité pour son savoir-faire sur le continent africain. Maurice a signé une quarantaine de « Investment Promotion and Protection Agreements », la plupart avec des pays africains : le Mozambique, l’Afrique du Sud, Madagascar, le Sénégal, le Burundi, le Botswana, le Cameroun, les Comores, le Ghana, la Mauritanie, la République du Congo, le Rwanda, le Swaziland, le Tchad, la Tanzanie et le Zimbabwe.

Lundi, le ministre des Finances Pravind Jugnauth a signé un accord avec le secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenya, portant sur le 3e amendement au ‘Grant Agreement’ sous le ‘COMESA Adjustment Facility’. C’était l’occasion pour le ministre de souligner les avantages dont a bénéficié le pays sous ce programme de financement, notamment la tenue des ‘Buyer-seller meetings’ dans les pays membres, la consolidation des PME au sein de la COMESA, les missions de prospection et la réforme du climat des affaires. D’ailleurs, depuis 2012, le pays a reçu environ Rs 143 millions.

Dans le cadre de sa politique de coopération régionale, Maurice est membre des différents blocs régionaux, notamment la SADC, le COMESA, la COI et l’IOR-ARC. Le « hub » de l’océan Indien est aussi qualifié comme pont entre l’Afrique et l’Asie ou encore le tremplin pour l’investissement en Afrique. Toujours dans le cadre de la coopération régionale, Maurice offre son expertise aux pays de la région dans plusieurs domaines, mais sollicite également le savoir-faire des autres. L’Africa Strategy est, par ailleurs, un maillon important dans le développement régional.

En Afrique, le terme ‘Big 5’ se réfère à cinq des animaux les plus difficiles à chasser, notamment le lion, l’éléphant, le buffle, le léopard et le rhinocéros. Mais le ‘Big 5’ désigne aussi les cinq pays africains qui verront la majeure partie des transactions financières et commerciales africaines durant les années à venir. Ils sont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte, l’Algérie et le Maroc. Ces pays possèdent aussi une classe moyenne émergente, ce qui pousse plusieurs pays à signer des accords pour booster les futurs échanges.

Africa Strategy

Avec l’‘Africa Strategy’, le gouvernement veut mettre en œuvre toute une pléiade de mesures économiques :

  • La révision de la politique d’accès aérien pour le tourisme régional, avec l’Air Corridor déjà opérationnel ;
  • Cibler un plus grand nombre de touristes en provenance du continent africain ;
  • L’amélioration des installations portuaires pour redynamiser les opérations de croisière, le transbordement et le ravitaillement des navires en carburant ;
  • La collaboration avec les pays voisins pour promouvoir et préserver la paix et la sécurité en Afrique et dans la région de l’océan Indien ;
  • Les incitations pour le positionnement de Maurice comme le « bureau virtuel » de l’Afrique ;
  • La promotion de Maurice comme une passerelle économique pour leurs investissements tant en Afrique qu’en dehors du continent.

Mauritius Africa Fund

Le ‘Mauritius Africa Fund’ (MAF) est une entité publique qui veut encourager les entreprises domestiques à investir en Afrique. Le gouvernement a pris l’engagement de financer ce fonds à hauteur de Rs 500 millions durant une période de cinq ans. Les objectifs du MAF sont multiples : établir une stratégie pour promouvoir les investissements mauriciens en Afrique ; diriger des projets de développement intégrés comme les zones économiques spéciales, les parcs technologiques, agro-industriels ou logistiques, en milieu africain et offrir une assistance au développement des partenariats entre les entreprises mauriciennes et africaines, entre autres. Seules les compagnies incorporées sont éligibles à ce programme et les activités économiques ne doivent pas être néfastes pour la société. La MAF est actuellement à la recherche d’un Manager.

Le Gabon

À la suite de l’organisation d’un ‘Business Forum’ récemment par le ‘Board of Investment’ (BoI) et l’Agence de Promotion d’investissements et d’Exportations (APIEX) du Gabon, plusieurs opportunités d’affaires entre les deux pays ont été identifiées. Les entrepreneurs mauriciens ont déjà commencé à effectuer des visites de prospection au Gabon. Un pays politiquement stable, le Gabon veut axer son économie sur trois fronts : l’industrie, l’environnement durable et les services. Le pays possède les infrastructures nécessaires, de même que des zones économiques et des ressources naturelles en abondance, pour attirer des investisseurs. Le Gabon aspire à devenir un centre régional pour les services financiers, la technologie informatique, la santé et l’éducation.

Réunion: énergie renouvelable

Une Commission économique régionale mixte Maurice-La Réunion a pour but d’encourager les échanges commerciaux à travers l’élimination des barrières tarifaires et le coût du fret, de partager le savoir-faire technologique et de formuler des structures pour des projets communs en Afrique. Plusieurs produits réunionnais entrant à Maurice sont exemptés de droits de douane, à la suite d’un ‘Interim Economic partnership Agreement’. Maurice veut aussi s’inspirer du succès réunionnais en matière d’énergies renouvelables.

Madagascar: zones économiques

Des techniciens mauriciens et malgaches travaillent déjà sur le développement des zones économiques à Madagascar. Une zone de 16 000 hectares, située dans la province de Tamatave, dans l’Est de Madagascar, sera réservée aux investisseurs mauriciens. Les secteurs ciblés sont l’agriculture, le tourisme et l’industrie manufacturière et le gouvernement malgache veut offrir des mesures incitatives exceptionnelles aux entrepreneurs mauriciens.

Ghana: technologie informatique

Maurice a signé un protocole d’accord avec le Ghana portant sur la création d’une nouvelle entité, le TEMA Technology Park Ltd pour gérer un parc technologique au Ghana. Ce projet peut intéresser ceux qui voudront investir dans la technopole ghanéenne afin de cibler à la fois le marché ghanéen et l’Afrique mais aussi le marché international.

Exploration pétrolière

Les Seychelles et Maurice veulent entreprendre conjointement l’exploration pétrolière. Ces activités seront régulées sous la cogérance. Cela fait suite à la précédente signature de deux accords portant sur la cogestion des fonds marins du plateau continental, avec une étendue de 396 000 kilomètres carrés de mer. Les autorités seychelloises ont déjà invité les sociétés pétrolières à soumettre leurs propositions pour l’exploration de leurs eaux. Jusqu’ici, Alfren Plc et WHL Energy détiennent un permis pour explorer les fonds marins seychellois.

Le Congo

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, avait visité Maurice en juillet 2011. Deux accords portant sur la création de quatre zones économiques spéciales au Congo et la coopération dans le secteur informatique ont été signés. Depuis, on parle d’une coopération triangulaire Congo-Singapour-Maurice, afin de permettre aux groupes singapouriens d’investir au Congo en se servant de Maurice comme plate-forme. Le Congo a sollicité l’expertise de Maurice pour mettre sur pied un organisme de promotion similaire au BoI pour promouvoir l’investissement au Congo.

Le Mozambique

Le Mozambique représente un vaste marché pour nos exportations, notamment les vêtements, l’alimentation, les produits manufacturiers, entre autres. Par contre, des possibilités d’investissements existent en Mozambique dans l’agriculture, le tourisme, les énergies renouvelables, la grande distribution, le secteur informatique et les services. Tout récemment, Air Mauritius a commencé à opérer un vol direct entre Plaisance et Maputo. Des entrepreneurs mozambicains sont tout aussi intéressés à venir investir à Maurice. Toutefois, certains obstacles posent problème.

Par exemple, il est très difficile pour un ressortissant mozambicain d’ouvrir un compte bancaire à Maurice. Par ailleurs, on n’entend plus parler des 23 500 hectares de terres mises à la disposition de Maurice par le gouvernement mozambicain.

[SHAFFICK HAMUTH/defimedia.info]

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