dimanche , 17 décembre 2017
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Photo d'un malade sur un lit d'un Hôpital de Lubumbashi.
Moise KATUMBI sur un lit d'un Hôpital de Lubumbashi.

RDC : Moise KATUMBI, un faux malade ?

Il n’est pas normal que dans un Etat qui se veut de droit, il y ait des citoyens qui se croient au-dessus des lois et de la justice pour s’en faire exempter. Comme bien d’autres personnalités de sa trempe, en RDC comme sous d’autres cieux, il est connu que les hommes d’affaires ont la fâcheuse tendance à négliger certaines choses comme les affaires judiciaires, assurés que leur porte-monnaie réglerait tout. Dans le cas d’espèce, Katumbi et ses avocats ont été pris de court et tentent à présent de se cacher derrière une autorisation judiciaire pour des soins à l’étranger de leur client qui, pourtant, y déborde d’activités dignes d’un faux malade. Moïse Katumbi doit donc répondre de ses actes. L’ancien Gouverneur de l’ex-Province du Katanga traînait des casseroles qui, aujourd’hui, le rattrapent et compromettent son avenir. A vrai dire, on conclurait facilement que cet homme d’affaires accuse un tel déficit quant au flair politique qu’en aucun moment il ne pouvait s’attendre à ce que des déchets négligés sur le bas-côté de son parcours le rattrapent un jour de cette manière-là.

La justice ne peut-elle pas se déployer et le droit ne peut-il pas être dit en République démocratique du Congo sans qu’il y ait nécessairement des injonctions ou des mains politiques ? La question mérite bien d’être posée au regard de l’agitation qui s’observe chaque fois qu’une catégorie des justiciables congolais se retrouvent aux prises avec la justice, même dans des affaires sans aucun rapport avec l’Etat, et cela même lorsque la justice et l’Etat congolais ne sont pas concernés comme dans le cas du dossier de jean-Pierre Bemba qui était poursuivi à la CPI pour des crimes commis en Centrafrique.

La même question peut être posée dans cette nouvelle affaire, jusque-là inconnue du grand public, qui oppose Moïse Katumbi Chapwe au sujet grec Emanuel Stoupis. Celui-ci poursuit le Président du Tout Puissant Mazembe au tribunal de paix de Kamalondo à Lubumbashi pour spoliation d’un immeuble dont il serait héritier. Le même immeuble est réclamé par Raphaël Katebe Katoto, frère de Katumbi, qui l’aurait acquise en 1976 auprès de la Société Nationale d’Assurances (SONAS) qui l’avait déclaré bien sans maitre avant de le revendre à Katebe Katoto. On ne sait pas trop, à ce stade du dossier, à quels titres et qualités la SONAS pouvait déclarer un immeuble sans maître et le revendre si tant il est vrai qu’étant déclaré dans maître, ledit immeuble n’appartenait donc pas à la SONAS.

Les faits qui accablent Katumbi

Toujours est-il que, sur une plainte d’Emanuel Stoupis et avec l’accord du parquet général de la République, le tribunal de paix de Kamalondo avait assigné Katumbi à comparaître par devant lui en date du 20 juin 2016. Vu que l’accusé encoure une peine d’au moins 5 ans de prison, sa présence physique à l’audience était donc obligatoire, mais Moïse Katumbi a préféré se faire représenter par ses avocats qui ont, cependant, été déboutés.

La défense de Moïse Katumbi a soutenu que le tribunal ne pouvait pas ouvrir le procès puisque son client se trouve à l’étranger pour des soins médicaux avec l’accord du Procureur Général de la République. Elle prétendu également que Katumbi n’a pas été saisi régulièrement par un mandat de comparution.

Des arguments rejetés par la partie adverse qui a fait remarquer qu’on ne pouvait pas avancer à la fois l’absence du pays autorisée par le Procureur pour suspendre l’ouverture du procès et l’irrégularité de la saisie de Katumbi. Les avocats de Stoupis ont également relevé que « conformément à  la loi congolaise, le candidat du G7 et de l’AR à la présidentielle de 2016 en République Démocratique du Congo devait être présent physiquement et non se faire représenter par ses avocats ». De ce fait, ils ont directement plaidé sur le fond de l’affaire après que la partie civile ait présenté, sur demande du juge de céans, les éléments de l’acte d’accusation. Des éléments qui indiquent que l’ancien Gouverneur de l’ex-province du Katanga se serait approprié indument une propriété qui aurait dû revenir par héritage à Emanuel Stoupis. Katumbi devrait donc être contraint de restituer la propriété querellée au grec Stoupis.

Cette affaire, qui semblait suivre son cours légal et la procédure régulière, a, cependant, pris une tournure politique avec l’entrée en scène des proches de Moïse Katumbi pour dénoncer ce qu’ils appellent une manouvre dilatatoire du pouvoir en place pour disqualifier leur candidat à  l’élection présidentielle. Tous les moyens traditionnels de communication proches de Katumbi ont, d’ores et déjà, été mis en branle. C’est le cas du site Internet vacradio.com des frères Kienge qui va jusqu’à citer des proches collaborateurs du Chef de l’Etat comme étant les commanditaires de cette affaire judiciaire.

Halte aux faux-fuyants

Il n’est pas normal que dans un Etat qui se veut de droit, il y ait des citoyens qui se croient au-dessus des lois et de la justice pour s’en faire exempter. Comme bien d’autres personnalités de sa trempe, en RDC comme sous d’autres cieux, il est connu que les hommes d’affaires ont la fâcheuse tendance à négliger certaines choses comme les affaires judiciaires, assurés que leur porte-monnaie réglerait tout. Dans le cas d’espèce, Katumbi et ses avocats ont été pris de court et tentent à présent de se cacher derrière une autorisation judiciaire pour des soins à l’étranger de leur client qui, pourtant, y déborde d’activités dignes d’un faux malade.

Il est temps que la justice et le droit soient respectés en RDC, surtout par ceux qui aspirent à des responsabilités d’Etat et qui disent lutter pour l’instauration effective d’un Etat de droit en RDC. Il est anormal que tout un pays soit réduit à des caprices d’individus qui croient tout régler par des subterfuges politiciens, juste pour se soustraire de leurs responsabilités.

Moïse Katumbi doit donc répondre de ses actes.

[YVON RAMAZANI/kabiliste]

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