samedi , 16 décembre 2017
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Photo d'un ministre belge et le president congolais, en train de parler.
Didier REYNDERS et "Joseph KABILA"

RDC : Le tournant de l’aventure de « KABILA »

Joseph Kabila n’a jamais su à quoi tiens la fonction de chef d’état, père de la nation. En effet, comme on lui avait expliqué qu’un chef d’état en fonction n’est pas poursuivi en justice quel que soit le délit commis; seul attribut dont il maîtrise et exerce réellement. Joseph Kabila a passé le plus claire de son temps à faire massacrer les congolais comme des mouches par ses alliés rwandais et ougandais. Cependant, ce qu’il ignorait et qu’il vient de découvrir est que les délits commis pendant l’exercice de ses fonctions sont imprescriptibles. C’est le tournant de son aventure, il se découvre mortel.

Au moment où l’organisation de l’élection présidentielle est irréalisable en 2016, il semble qu’il faille aller plus loin que le paradigme de l’opposition d’empêcher Kabila de gouverner au-delà de l’échéance de son double mandat constitutionnel.

Le glissement n’est pas un simple calcul politicien, ni une fatalité, il constitue une grave faute de gouvernance. Il marque l’échec de la législature des Kabila dont la dynastie a succédé à Mobutu, voici bientôt 20 ans. Ils n’ont pas été en mesure d’organiser des élections locales, communales et urbaines, ni les provinciales de deuxième mandat et, maintenant législatives et présidentielle de troisième génération. Il est étonnant que l’on parle de dialogue sans pointer du doigt cette faute dont la sanction ne pourrait être que politique. Par démission de la clique de la majorité.

Mais la Cour Constitutionnelle a dit que Kabila resterait en fonctions jusqu’à l’installation de son successeur élu. Mais il ne restera pas avec la plénitude de pouvoirs. Il ne pourrait poser que des actes de gestion courante, en attendant son remplaçant. De ce point de vue, la fin de mandat aura bel et bien lieu.

Il est étonnant qu’à, six mois de l’échéance, Kabila, futur intérimaire, prend une stature permanente et lance des projets à moyen et long terme. Il devrait plutôt s’atteler parachever ceux de son mandat. L’un des grands chantiers qui souffre d’inexécution, est la mise en place de nouvelles institutions. La visite officielle que Kabila effectue au Katanga en donne l’illustration.

Officiellement, Kabila y organise la 4e session de la conférence des gouverneurs. La Constitution exige cette réunion au moins deux fois par an et on devrait en être à la 18è édition. Les sessions précédentes ont eu lieu à Kinshasa, Kisangani ( 2009) et Kananga (2013). Même cela, Kabila a été incapable de réaliser en dix années.

A Lubumbashi, Kabila a posé la première pierre des nouveaux bureaux grandioses du gouverneur résidant. C’ était en présence du premier ministre qui prône l’austérité et de la vingtaine de gouverneurs qui n’ ont même pas d’abri pour travailler convenablement. Et là où le bât blesse, le contrat de construction a été conclu sans appel d’offres, au moment où le mandat de Kabila avait mis en place des lois et des structures de bonne gouvernance pour les marchés publics. Kabila a-t-il jamais su pourquoi il était là? Père de la Nation, garant des Institutions et de la Constitution?

[P.K.]

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