samedi , 16 décembre 2017
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Photo des opposants congolais a Bruxelles.
Opposition congolaise lors du conclave de Bruxelles.

Conclave de Bruxelles : Bras de fer Majorité – Opposition

La Majorité présidentielle considère les résolutions du conclave de l’Opposition comme « constitutives d’un coup d’Etat ». Pour l’Opposition, les stratégies arrêtées en Belgique sont pour assurer « le stricte respect de la  Constitution ».  En réalité, le conclave de Genval, près Bruxelles, a repoussé la tenue du dialogue national politique et instaure un bras de fer  entre la Majorité et l’Opposition.

Le temps passe, mais les violons sont loin de s’accorder entre la Majorité présidentielle (MP) et l’Opposition politique en vue du dialogue en République démocratique du Congo. Certains observateurs ont eu tort de penser que le conclave, organisé du 8 au 9 juin dans la cité de Genval, près de Bruxelles, capitale de la Belgique,  allait faciliter le rapprochement entre la famille politique du chef de l’Etat et les forces sociales et politiques réunies autour de la fille aînée de l’Opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Dans l’acte d’engagement signé par les participants à ce conclave stipule que ceux-ci se sont assigné pour mission de transcender leurs ambitions personnelles en renouvelant leur indéfectible attachement à la Constitution et au respect de ses prescrits; en exigeant la tenue des élections dans le délai constitutionnel; la mise en œuvre de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies; en promettant de prendre acte de la fin du mandat du président Kabila; dans une unité d’action avec l’accompagnement de la communauté internationale qui s’est montrée favorable à la tenue d’un dialogue politique. Par ailleurs, les conclavistes de Genval ont rejeté toute éventualité d’un référendum.

La Majorité présidentielle, dans une déclaration faite le 10 juin à son siège par son secrétaire général, Aubin Minaku, a balayé d’un revers de la main toutes ces résolutions. La MP considère même que ces résolutions sont « constitutives d’une tentative de coup d’Etat ». Elle a appelé une certaine classe politique et la Société civile à se lever comme un seul homme pour « faire échec au coup d’état institutionnel en gestation ».

Ces deux positions tranchées illustrent à suffisance que les deux familles politiques sont encore à mille lieues de concilier leurs vues dans la perspective d’un passage en douceur de  témoin à la fin de cette mandature et de la mise en place d’un processus électoral apaisé. Ce, même si plus loin dans sa déclaration, la Majorité présidentielle dit « s’en tenir absolument au respect de l’ordre institutionnel installé de façon démocratique conformément à la Constitution ainsi qu’à la souveraineté du peuple congolais ».

La facilitation à rude épreuve

En réalité, chaque famille dispose de sa stratégie politique et entend la mettre en œuvre. La MP considère que l’arrêt de la Cour constitutionnel est un acquis qui ferait que le chef de l’Etat reste en fonction jusqu’à l’avènement de son successeur. La MP a même encouragé la CENI à poursuivre ses opérations en vue de la tenue des élections « de la base au sommet ». A défaut, la famille du chef de l’Etat pense à un référendum constitutionnel qui pourrait permettre à l’actuel président de la République de rempiler.

C’est bien au parfum de tous ces stratagèmes que l’Opposition ne se fait pas d’illusions et soutient que le pouvoir a l’idée de changer l’ordre politique actuel. Voilà qui pousse certains acteurs de l’Opposition à rejeter carrément le dialogue car, pour eux, il est convoqué pour assurer le glissement aux animateurs actuels des institutions aux premiers desquels le président de la République. Voilà pourquoi, pour l’UDPS d’Etienne Tshisekedi et toutes les forces sociales et politiques de changement participant au conclave de Genval, s’il n’y a pas élection, le mandat de l’actuel locataire du Palais de la Nation expire au 19 décembre prochain.

La communauté internationale est aussi de cette position. La résolution 2277 votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité et les conclusions de la réunion du Conseil européen des ministres des affaires étrangères ont appelé au respect de la Constitution et à la tenue d’élections dans le délai en vue de l’alternance, gage de paix et de stabilité de la RDC.

La balle est désormais dans le camp de la facilitation du dialogue qui a la lourde mission de réunir autour la même table les deux camps politiques pour éviter le chaos.

[Amédée Mwarabu]

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