samedi , 16 décembre 2017
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Photo de l'Immeubles de la BIAC, a Kinshasa.
Immeubles de la BIAC, Kinshasa

Plainte : BIAC – BCC une sourde bataille en RDC

« Cette plainte n’a aucun fondement juridique et le gouverneur semble confondre erreurs de gestion éventuelles et malversations avérées. C’est quand même différent. Tout est fait comme si on voulait mettre à terre la Biac », analyse un cadre de l’établissement qui soupçonne une banque de la place concurrente d’être à la manœuvre pour récupérer la Biac à vil prix. Les spéculations vont bon train, et les potentiels repreneurs se bousculent au portillon.

C’est désormais devant les cours et tribunaux que la vérité sur la Biac va éclater. La plainte déposée par la Banque centrale du Congo contre les anciens administrateurs de la Biac étonne plus d’un.

Motif : l’audit diligenté par la Banque centrale du Congo à la Biac n’a jamais conclu à une « mégestion ayant suscité la banqueroute » dans cet établissement bancaire encore moins les récentes recommandationsde l’Assemblée nationale.

Chaque semaine apporte des rebondissements dans le désormais dossier Biac. On se perd en conjectures depuis le dernier épisode dans le feuilleton de la Biac!

Quelles sont les réelles motivations du gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo, qui a placé la banque sous administration provisoire et déposé une plainte sur le bureau du procureur général de la République, le 30 mai dernier.

Si la mise sous tutelle peut être considérée comme une décision logique avant l’arrivée d’un repreneur, la plainte contre les administrateurs et l’ancienne direction « pour mégestion ayant suscité la banqueroute » a de quoi surprendre.

En effet, quelques jours auparavant, devant les députés de l’Assemblée nationale à huis clos, le même gouverneur n’avait évoqué aucune fraude au sein de laBiac pour expliquer la situation actuelle.

Au contraire, il a certifié que la tension de liquidité depuis février s’expliquait par la brutale suspension de son refinancement auprès de la Banque centrale du Congo décidée par le gouvernement. Il a également insisté sur les dettes de l’Etat et certaines entités publiques auprès de la banque.

Dans la foulée de cette audition, le président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, a d’ailleurs demandé le 24 mai au gouvernement de rembourser ces dettes  « arrêtées à 30 millions de dollars ».

L’audit que la Banque centrale du Congo a effectué sur la Biac de juin 2015 à février 2016 constitue un autre élément qui souligne l’incohérence de la démarche de l’Institut d’émission.

A l’issue de cet audit, aucune fraude ou malversation n’a, en effet, été relevée alors que les fonctionnaires de la BCC sont restés en demeure pendant plus de six mois et qu’ils ont épluché les comptes de la Biac.

Si fraude il y a, eux aussi ont donc fermé les yeux… Enfin, il convient de rappeler que le gouverneur de la BCC a déclaré qu’il fallait faire confiance à la Biac lorsqu’il a réinstallé la ligne de refinancement début avril. Tout porte à croire que l’ancien directeur général, Michel Losembe, et les administrateurs sauront faire valoir leurs arguments face à une telle situation « surprenante », selon RFI.

Une sourde bataille

Pourquoi ce revirement de la Banque centrale du Congo alors que la Biac est à la recherche d’un repreneur et d’un nouveau partenaire ?

« Cette plainte n’a aucun fondement juridique et le gouverneur semble confondre erreurs de gestion éventuelles et malversations avérées. C’est quand même différent. Tout est fait comme si on voulait mettre à terre la Biac », analyse un cadre de l’établissement qui soupçonne une banque de la place concurrente d’être à la manœuvre pour récupérer la Biac à vil prix. Les spéculations vont bon train, et les potentiels repreneurs se bousculent au portillon.

La République démocratique du Congo a tout à gagner si toutes les parties prenantes dans ces dossiers redeviennent raisonnables. La Biac, c’est plus de 300 000 clients dont 250 000 de petits déposants.

Derrière la Biac, il y a aussi le groupe Blattner qui compte plus de 15 000 employés dans l’agro-industrie, le transport, le secteur forestier, les télécoms…

Il serait quand même étonnant, mais aussi et surtout en contradiction totale avec le droit des affaires et désastreux en termes d’image pour le Doing business du pays, que ces sociétés soient pénalisées et entravées, par des menaces de gel de leurs avoirs bancaires sans fondements juridiques, en raison d’une sourde bataille autour de la Biac que les Blattner ont décidé de céder.

La République démocratique du Congo qui traverse une période de ralentissement économique n’a pas du tout besoin de cela !

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