dimanche , 17 décembre 2017
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Photo du president de la CENI congolaise.
Corneille NANGAA - President CENI en RDC.

Elections : Corneille NANGAA a trompé toute la nation

Corneille Nangaa a joué jusqu’au bout le jeu de la famille politique du chef de l’Etat. Il a laissé pourrir la situation pour, enfin, mettre toute la nation en situation de « fait accompli ». C’est sur les antennes de RFI que le président de la Céni est allé signer l’arrêt de mort des élections en 2016. Pas d’élections en 2016, alors qu’à sa prise des fonctions, il promettait de faire de 2016 une année éminemment électorale. Il a trompé toute la nation. Il en a été conscient depuis sa nomination aux commandes de la Céni. Depuis cette date, il s’est consacré totalement à cette tâche. A la grande satisfaction de ses maîtres, tapis à l’ombre dans la Majorité présidentielle.

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose », rappelle un vieil adage. Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en a eu à ses dépens. A force de jouer au malin, il a fini par se dévoiler.

Pantin de la Majorité présidentielle qui l’a installé fin 2015 au Panthéon de la Céni, en remplacement de l’abbé Malumalu, Corneille Nangaa a joué jusqu’au bout le jeu de la famille politique du chef de l’Etat. Il a laissé pourrir la situation pour, enfin, mettre toute la nation en situation de « fait accompli ».

C’est sur les antennes de RFI que le président de la Céni est allé signer l’arrêt de mort des élections en 2016. Pas d’élections en 2016, alors qu’à sa prise des fonctions, il promettait de faire de 2016 une année éminemment électorale. Il a trompé toute la nation. Il en a été conscient depuis sa nomination aux commandes de la Céni. Depuis cette date, il s’est consacré totalement à cette tâche. A la grande satisfaction de ses maîtres, tapis à l’ombre dans la Majorité présidentielle.

Corneille Nangaa a donc laissé tomber la carapace. « Le fichier aujourd’hui est le seul argument, malheureusement, qui justifie la non-tenue de l’élection ». Or, l’on sait que le fichier électoral révisé ne peut être « prêt » qu’« en milieu de l’année 2017 ».    Un beau raccourci qui ne dédouane en rien la Céni de sa responsabilité dans l’enlisement du cycle électoral. Cette attitude de Corneille Nangaa fournit des arguments à l’Opposition qui a toujours exigé la restructuration à la tête de la Céni.

Quant aux conséquences imprévisibles du glissement du cycle électoral, Corneille Nangaa s’en remet aux acteurs politiques. « Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a la contrainte légale et constitutionnelle qui est là et il y a aussi la contrainte technique. Comment concilier les deux contraintes ? C’est ça la question. Et c’est là que nous disons que cette question devrait être gérée par d’autres acteurs ».

C’est dire que le président de la Céni est resté coller à la logique de la MP qui tend à imposer par tous les moyens le dialogue pour donner une certaine légitimité au glissement. Autrement dit, Corneille Nangaa est ce joker que la MP attendait pour assener au processus électoral de la RDC un coup mortel.

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Les finances constituent effectivement une contrainte importante au processus.

On connaît enfin le nom du fournisseur des kits électoraux. Combien de temps va prendre l’enrôlement et à partir de quand est-ce que cette procédure d’enrôlement va pouvoir commencer ?

Nous devons travailler avec le nouveau fournisseur et il va devoir nous livrer dès fin juin le premier lot des 500 kits qui vont nous permettre de lancer l’opération d’identification et d’enrôlement en province pilote du Nord-Ubangi à partir de fin juillet.

Et pour le lancement sur l’ensemble du territoire ?

Le lancement sur l’ensemble du territoire se fera au fur et à mesure que le fournisseur va produire les kits.

Ça veut dire que la révision du fichier ne pourra pas être terminée à temps pour le mois de septembre ?

Nous l’avions dit depuis notre évaluation. Nous avions parlé à l’époque de plus ou moins 16 mois et un jour. On a commencé à compter depuis le mois de février, nous travaillons et nous faisons en sorte que nous ayons le fichier dans un temps record. Nous nous sommes lancés dans cette procédure et nous avançons. Il est vrai que le fichier ne sera pas disponible avant la fin de l’année. En milieu de l’année 2017, le fichier sera déjà prêt. Le fichier aujourd’hui est le seul argument, malheureusement, qui justifie la non-tenue de l’élection.

Pourquoi ne pas annoncer que l’élection présidentielle ne sera pas tenue dans les délais constitutionnels, puisque vous savez déjà que le fichier ne sera pas prêt pour pouvoir organiser cette élection et convoquer le corps électoral en septembre ?

Nous sommes en train de constituer le corps électoral qui sera convoqué pour toutes les élections. Pourquoi ne pas l’annoncer, c’est la question du calendrier. Nous allons publier dans les jours qui viennent des calendriers et il y a des éléments que nous sommes en train de réunir, qui nous permettront de publier ces calendriers sans qu’il y ait encore un refus ou un rejet par l’un ou l’autre camp de ce calendrier. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a la contrainte légale et constitutionnelle qui est là et il y a aussi la contrainte technique. Comment concilier les deux contraintes ? C’est ça la question. Et c’est là que nous disons que cette question devrait être gérée par d’autres acteurs. La Céni se focalise sur ce critère technique parce qu’après tout il faut avoir un fichier fiable pour aller aux élections.

Si les acteurs se décidaient demain à aller aux élections sans révision du fichier, est-ce que ce serait encore possible de tenir les délais constitutionnels ?

C’était une option qui était tenable à partir de janvier. Et nous avions proposé en son temps cette question. Aujourd’hui, à cette date en juin, même si l’option politique était levée d’aller aux élections avec le fichier de 2011 fiabilisé on ne tiendra plus le mois de novembre. Ce n’est plus tenable, même dans cette hypothèse-là.

Donc il n’y a plus d’option possible pour tenir les délais constitutionnels aujourd’hui, selon l’avis technique de la Céni ?

Je pense que nous avons donné notre avis technique, nous avons fait une feuille de route, qu’on nous fasse confiance. Nous sommes en train de travailler pour avoir un fichier fiable sur lequel tout le monde peut être d’accord. Et à partir de là, nous allons tenir de très bonnes élections.

Pourtant il y avait des experts électoraux onusiens qui disaient dans un rapport qu’il était encore possible de tenir les délais constitutionnels sans révision du fichier électoral. C’est un point de vue que vous ne partagez pas ?

J’aurais bien voulu voir ce rapport avant de faire des commentaires là-dessus. Mais tout ce que je sais c’est que nous avons travaillé avec les experts de l’OIF et des Nations unies et nous avons mis sur la table toutes les options possibles.

Vous ne craignez pas d’être accusé d’avoir violé la Constitution et en l’occurrence d’être poursuivi pour haute trahison, ce que disent certains membres de la société civile aujourd’hui ?

Ce qui veut dire pour que je publie le calendrier, il faut que je sois couvert pour que vous ne me traitiez pas de l’institution qui a violé la Constitution. Nous n’allons pas violer la Constitution. Nous disons nous-même que nous avons pris beaucoup de retard. Et le retard accumulé a fait qu’aujourd’hui, il faut constituer les fichiers. C’est ça la contrainte technique qui est devant nous. Et nous sommes en train d’avancer.

Mais comment expliquer ça alors que depuis 2011 vous savez que des élections sont à organiser en 2016 et qu’il n’y a pas de surprise avec ça ?

Il n’y a pas de surprise. Mais la vérité est que je suis entré en fonction en novembre. Nous avons fait l’évaluation de la situation et nous avons tracé la feuille de route pour sortir de cette impasse où on était.

Qui est responsable de ce retard selon vous ? Qui est responsable du fait que les élections ne soient pas organisées dans les délais constitutionnels cette année ?

Ce n’est pas le rôle de la Céni de déterminer qui est responsable de quoi ? Nous, on a établi les faits.

Il y a bien un problème de financement ? La Céni elle-même s’est plainte du fait de ne pas être financée à hauteur de ce qui était promis par l’Assemblée nationale l’an dernier.

Les finances constituent effectivement une contrainte importante au processus. Dans ce calendrier global de 2015, la Céni avait déjà soulevé cette question. Mais il faut dire qu’avec le gouvernement, dès décembre, dès notre prise de fonction, nous sommes tombés d’accord sur le plan de décaissement. Et depuis janvier jusqu’à ce jour le gouvernement exécute ces plans de décaissement correctement. La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui nous connaissons les fournisseurs. A la signature du contrat, la Céni a plus ou moins de quoi payer le matériel, ce qui est une avancée et nous pensons que nous allons évoluer dans ce sens-là.

Propos recueillis par Sonia Rolley (RFI)

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