dimanche , 17 décembre 2017
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Photo d'un député Congolais
Henri Thomas Lokondo Yoka - député Congolais

Enrôlement : Il y a risque d’octroyer la nationalité congolaise aux étrangers

Dans sa motion, le député Henri Thomas Lokondo a estimé que l’enrôlement des Congolais de l’étranger devrait être élagué de la loi pour éviter d’ajouter d’autres problèmes techniques et sécuritaires. «D’autres pays qui sont trop avancés, qui ont beaucoup de moyens que nous, comme l’Italie qui n’a accordé le droit de vote à sa diaspora qu’en 2006, la France a instauré ce système seulement en 2011… Alors, il y aussi un problème de sécurité : Aujourd’hui, enrôler les Congolais qui sont dans les neuf pays voisins, c’est consacrer l’octroi facile de notre nationalité aux étrangers», a estimé l’élu de Mbandaka.

Le projet de loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs a été examiné et adopté à l’Assemblée nationale vendredi 3 juin. Avant l’adoption de ce texte, les députés étaient divisés sur la disposition relative à l’enrôlement des Congolais de la diaspora. Dans sa motion, le député Henri Thomas Lokondo a estimé que l’enrôlement des Congolais de l’étranger devrait être élagué de la loi pour éviter d’ajouter d’autres problèmes techniques et sécuritaires. Pour lui, il s’agit d’une question de réalisme.

«D’autres pays qui sont trop avancés, qui ont beaucoup de moyens que nous, comme l’Italie qui n’a accordé le droit de vote à sa diaspora qu’en 2006, la France a instauré ce système seulement en 2011… Alors, il y aussi un problème de sécurité : Aujourd’hui, enrôler les Congolais qui sont dans les neuf pays voisins, c’est consacrer l’octroi facile de notre nationalité aux étrangers», a estimé l’élu de Mbandaka. D’après lui, la RDC connaît de gros problèmes financiers, techniques et sécuritaires qui ne peuvent pas favoriser une telle opération. «J’ai la conviction que, si on s’en tenait seulement sur le plan financier, ça serait impossible de faire cette opération-là», a poursuivi Henri-Thomas Lokondo.

«On ne prendra pas le Rwanda»

Pour sa part, le président du groupe parlementaire PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary pense qu’on ne peut pas priver les Congolais de la diaspora de leur droit légitime à cause des problèmes technique et sécuritaires. Il soutient que l’essentiel est de commencer quelque part : «Pour les Congolais de la diaspora, ce n’est pas tout le monde qui serait enrôlé. C’est clair ! On peut commencer par un échantillon. On prend par exemple les Etats-Unis, la France, la Belgique ainsi de suite. J’imagine qu’on ne prendra pas le Rwanda [et le Burundi], parce qu’il y a un problème de frontière».

Cette question sera réglée sur une décision de la CENI, a-t-il assuré, qui va définir les modalités d’application de cette loi. A la question de savoir les dispositions prévues pour éviter d’enrôler des gens à nationalité multiple, le député Ramazani a réagi : «Il y aura un contentieux électoral quant à l’enrôlement des électeurs pour dénicher évidemment ceux qui ont deux ou plusieurs nationalités».

Après débat, la motion d’Henri Thomas Lokondo a été rejetée par la plénière qui a opté pour l’enrôlement des Congolais de la diaspora.

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Les obstacles subsistent

En moins de dix jours, les Députés et Sénateurs vont repartir en vacances parlementaires. La session parlementaire du 15 mars prend effectivement fin le 15 juin prochain. Les Députés et Sénateurs s’en vont sans avoir libéré certaines lois essentielles dont le pays a, pourtant, besoin pour organiser les élections prévues en 2016.  On a attendu en vain pour voir les Députés examiner et adopter la loi sur la répartition des sièges aux législatives. C’est en vain, aussi, qu’on a espéré que les Députés allaient modifier certaines dispositions de la loi électorale pour permettre à la CENI d’enrôler les Congolais de la diaspora. La loi sur l’identification des nationaux n’a pu, non plus, être débattue. La session ordinaire de mars se termine et laisse non résolus les obstacles juridiques qui perturbent le travail de la CENI. Du côté de la Centrale électorale, on ne fait pas l’économie des lamentations.

Le Président de la CENI, Corneille Nangaa, milite ouvertement pour que les politiciens dégagent un consensus afin de lever des options politiques sur le processus électoral. Il pose la question du fichier électoral dont la révision, d’après ses propres mots, pourrait aller jusqu’à 16 mois. Alors qu’il avait personnellement dirigé les travaux de fiabilisation du fichier 2011 et de cartographie électorale, dont il avait, en son temps, vanté les mérites¸  Corneille Nangaa passe désormais la plupart de son temps à vilipender le fichier 2011. Il dit, par exemple, que le fichier 2011 contient des doublons et des morts à élaguer. Il affirme également que les nouveaux majeurs doivent être enrôlés et qu’on ne saurait organiser de bonnes élections sans avoir résolu toutes ces difficultés. Depuis que le Président de la CENI a annoncé, à partir des USA, son intention de saisir la Cour Constitutionnelle pour solliciter une petite extension du calendrier électoral, les opposants rappellent qu’un fichier électoral n’est pas autre chose qu’une liste électorale.

Ils rappellent aussi que le fichier 2011 a fait l’unanimité en 2015 quand la CENI envisageait d’organiser les élections provinciales le 25 octobre. Les candidats avaient, alors, déposé leurs dossiers de candidature et versé une caution financière exorbitante. Si les provinciales n’ont pas eu lieu en 2015, ce n’est pas la faute du fichier électoral. C’est pour d’autres raisons.

Récemment passé à l’Opposition, le professeur Tshibangu Kalala, l’un des plus grands constitutionalistes congolais de renommée internationale, a déclaré qu’il y a toujours des morts sur une liste électorale et même le jour du vote, les gens continueront à mourir. Il en est de même pour les jeunes majeurs que l’on compte chaque jour. Conclusion de Tshibangu Kalala, il est absurde de prétendre retarder les élections à cause des morts et des jeunes majeurs. Parlant des options politiques, le Dialogue politique était censé indiquer la voie à suivre. Malheureusement, le Dialogue fait du surplace. Les parties s’accusent mutuellement de bloquer les discussions. L’UDPS, à qui le Facilitateur a confié la paternité de la liste de l’Opposition,  réunit à Bruxelles les partis d’Opposition à la recherche d’un consensus. Dans tous les cas, l’impasse est totale. Il n’est pas exagéré de dire que le chaos est à la porte.

[avec radio Okapi, laPros.]

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