dimanche , 17 décembre 2017
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Photo: Bombardier Q400 « Anuarite NENGAPETA » de la companie Congo Airways
Bombardier Q400 « Anuarite NENGAPETA »

La RDC et ses cercueils volants !

Selon les évêques, ANUARITE NENGAPETA n’aurait pas accepté que son illustre nom puisse figurer sur la liste des cercueils volants tant décriés dans l’espace aérien en République Démocratique du Congo (RDC), pays dont elle a souffert le martyr.

Le ministre des Transports et voies de communication dans le collimateur des députés nationaux… Des questions orales avec débat pouvant déboucher sur une motion de censure sont en préparation au niveau de certains députés nationaux aussi bien de la Majorité que de l’Opposition

Le Bombardier Q400 «Anuarite» accueilli en grande pompe il y a quelque temps par les plus hautes autorités du pays à l’Aéroport international de N’Djili, a quitté Kinshasa presque à la sauvette le week-end dernier. Pendant que les RD-Congolaises et RD-Congolais continuent d’ergoter sur la panne majeure connue par ce court-courrier à l’escale d’Isiro lors de son vol inaugural à l’intérieur du pays -Kinshasa-Isiro-Bunia-Kisangani et retour- ainsi que les vaines tentatives d’étouffement de la vérité sur les balbutiements de la nouvelle compagnie aérienne RD-congolaise, le départ en catastrophe de cet aéronef hors des frontières nationales soulève déjà une tempête d’interrogations.

Le Bombardier Q400 Anuarite dans les installations techniques en Ethiopie

Au moment où la communauté nationale s’attendait à voir la dernière acquisition de Congo Airways prendre les airs pour renforcer la desserte des lignes intérieures de la RD-Congo, grande est leur déception d’apprendre que le personnel navigant technique éthiopien commis à ses commandes a mis les pleins gaz pour se diriger vers Addis-Abeba.

Aux dernières nouvelles, l’équipage aurait été contraint de puiser énormément dans sa grande expérience pour ramener laborieusement le Bombardier Q400 dans les installations techniques d’Ethiopian Airlines pour des raisons évidentes faciles à deviner. Dans le hangar technique de l’Aéroport international de N’Djili où cette indélicatesse alimente toutes les conversations dans les rangs des techniciens d’aviation, des chuchotements font état de l’urgence de l’application de profondes inspections majeures pour pouvoir récupérer à temps ce turbopropulseur «pimpant neuf et de nouvelle génération pouvant acheter au moins une dizaine d’avions acquis de seconde main».

Les usages dans la profession impliquent que le vendeur de cet aéronef soit tenu de mettre à la disposition de l’acheteur soit le même appareil réhabilité selon les directives du constructeur du Bombardier Q400 et de l’Autorité de l’aviation civile/RD-Congo, soit un autre avion court-courrier équivalent répondant aux mêmes caractéristiques.

Le manque à gagner découlant de cette longue immobilisation constitue aussi un gap. De l’électricité dans l’air. Dans notre livraison du lundi 23 au mardi 24 mai dernier, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les ennuis techniques -fuite hydraulique- ayant immobilisé l’avion portant le nom prestigieux de la sœur Anuarite Nengapeta sur le sol de ses ancêtres.

Dans leurs démarches spirituelles, les chrétiens catholiques de la RD-Congo dont une partie du clergé a pris place à bord de cet aéronef, croient dur comme fer que grâce à l’intercession de «la bienheureuse», le pire a été évité de justesse aussi bien à l’aéronef qu’à ses occupants. Ils persistent que cette dernière n’aurait pas accepté que son illustre nom puisse figurer sur la liste des cercueils volants tant décriés dans l’espace aérien en RD-Congo, pays dont elle a souffert le martyr.

Des questions orales avec débat en gestation à la représentation nationale

Du côté du commun des mortels, l’on note que les contraintes techniques de cet aéronef viennent de faire voler en éclats l’écran de fumée entourant son acquisition et les conditions de son importation en RD-Congo. L’évocation de tout le tralala qui a prévalu à sa réception à Kinshasa par les grandes sommités de la République ainsi que les déclarations laudatrices et tapageuses d’une époque révolue entendues ici et là ont poussé certains élus du peuple à se saisir de la question pour tenter de voir un peu plus clair dans cette sorte de nébuleuse. Au moment où nous couchons ces lignes, des questions orales avec débat pouvant déboucher sur une motion de censure sont en préparation au niveau de certains députés nationaux aussi bien de la Majorité que de l’Opposition.

Certains élus du peuple qui ont requis l’anonymat jusqu’à ce qu’ils puissent saisir officiellement le bureau de l’Assemblée nationale, justifient leur position par la délicatesse de la question qui n’implique aucune coloration politique et le flou artistique couvrant, comme une chape de plomb, les inspections techniques majeures exigées avant toute importation d’un nouvel aéronef en RD-Congo et dont le non-respect peut constituer une source potentielle de dégâts incommensurables pendant l’exploitation.

Ils évoquent les missions dévolues aussi bien à l’Autorité de l’aviation civile qu’au ministère de tutelle, notamment celle de l’assainissement de l’espace aérien RD-congolais en le débarrassant de tous les exploitants, tous les aéronefs, tous les navigants, techniciens et dirigeants responsables qui ne remplissent pas les critères édictés par les normes internationales établies en la matière par les instances faitières de l’aviation civile internationale.

 Les sanctions contre les anciens ministres Kuseyo et Kawanda

Sous d’autres cieux, les autorités de l’aéronautique civile ne transigent nullement sur le non-respect ou la non-application des normes. C’est ainsi qu’en cas de défaillance avérée, les sanctions prises vont jusqu’au limogeage des membres du gouvernement en charge des transports aériens. En RD-Congo, des anciens ministres des Transports et Communications comme Kuseyo et Laure Marie Kawanda ont été virés de l’Exécutif à la suite du crash d’un avion à Kingasani, dans la commune de Masina et à la cascade de naufrages survenus à des embarcations sur des cours d’eau à l’intérieur du pays.

Et pourtant, feu Kuseyo a pris toutes les dispositions règlementaires jusqu’à refuser d’accorder la licence d’exploitation à cet opérateur aérien. Mais des parapluies déployés dans l’ombre ont usé de leur imperium pour contourner son véto. La représentation nationale en a fait ses choux gras à l’époque. Aujourd’hui, la situation nébuleuse de l’état technique de certains avions de Congo Airways devient inquiétante et mérite que la représentation nationale s’y penche sérieusement.

Pour dissiper une fois pour toutes tout malentendu ou toute suspicion et redorer le blason de ce transporteur aérien que certains événements mal maîtrisés voudraient jeter en pâture à tort ou à raison, il est impérieux d’examiner à fond le dossier technique de ses aéronefs en conformité avec les prescrits de l’article 5, section 2, de l’Arrêté ministériel n° 113 du 12 novembre 2012 règlementant les conditions d’importation des aéronefs et produits aéronautiques en RD-Congo.

Une moisson abondante d’informations sur la flotte de Congo Airways

Pour mémoire, l’article 5 susvisé insiste sur la présentation d’un état technique satisfaisant de l’aéronef, confirmé à la suite d’un contrôle effectué par les inspecteurs de navigabilité de l’AAC/RD-Congo au pays où se trouve basé l’avion. Sa certification suivant les normes internationales prévues pour le transport international aérien civil est également requise. Cet avion fabriqué depuis 15 ans au maximum, doit subir une inspection majeure pour la cellule, le moteur et éventuellement pour les hélices, dans un atelier agréé. Il est tenu d’avoir ses sous-ensembles suffisants en heures, cycles et en temps calendaires. Il en est de même de la documentation technique et administrative rédigée en français et en anglais devant l’accompagner.

Les dirigeants RD-congolais ont la fâcheuse manie d’attendre toujours la survenance d’accidents mortels ou de crash spectaculaire pour que dans le feu de l’émotion, ils puissent agir. Tardivement. Or, gouverner, c’est prévoir et mieux vaut prévenir que guérir. Le ministre des Transports et voies de communication dont l’art de l’esquive est bien connu de la représentation nationale, se trouve dans le collimateur des députés nationaux. L’opinion se souvient encore de l’épisode mouvementé de la fameuse maladie ayant fait le lit de sa soustraction des mailles de leurs filets. Dans tous les cas, au regard de son activisme sur le dossier de la création de Congo Airways et les démarches relatives à l’acquisition de sa flotte, il ne peut pas ne pas disposer d’une moisson abondante d’informations quant à ce.

Les commandes du transporteur aérien aux mains d’un chevronné en aviation civile

Les téléspectateurs des chaînes de télévision officielles se souviennent des shows médiatiques et autres pages magazine de ses négociations et de la signature de certains contrats avec des constructeurs d’avions et compagnies aériennes en Europe et au Canada pendant que l’équipe dirigeante de Congo Airways demeurait en retrait.

Tous ces faits étaient ponctués par de fracassantes déclarations conservées dans divers supports audiovisuels. Pour revenir au limogeage du professeur Kirongozi ayant stoïquement accepté de jouer pleinement le rôle de fusible, une importante frange de l’opinion s’attendait enfin à voir les commandes de cette société être confiées aux bons soins d’un cadre chevronné blanchi sous le harnais en aviation civile de manière à privilégier le respect des normes aéronautiques plutôt que de continuer à subir les injonctions irrationnelles de la hiérarchie somme toute profane en la matière.

Les prochains jours seront déterminants car la nouvelle compagnie d’aviation mérite à sa tête des dirigeants responsables et crédibles qui maîtrisent les règles de l’art en aviation civile, des avions performants répondant aux normes drastiques des constructeurs et de l’autorité aéronautique en vue d’une exploitation durable et fiable.

Natine K.

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