samedi , 16 décembre 2017
Accueil / Afrique / Etat congolais, un très mauvais payeur !
Photo de l'Immeubles de la BIAC, a Kinshasa.
Immeubles de la BIAC, Kinshasa

Etat congolais, un très mauvais payeur !

Tous les projecteurs sont désormais braqués sur l’Exécutif national appelé, par le bureau de l’Assemblée nationale, à « rembourser à plus bref délai »  ses créances sur la Biac. Plus les jours passent, plus le ciel s’éclaircit sur la situation de la BIAC. Le staff dirigeant de cet établissement bancaire se démène avec énergie pour redresser la situation de l’entreprise depuis la grave décision de la Banque Centrale du Congo de stopper brutalement son refinancement mensuel de 44 milliards de francs congolais, fin février dernier. Certes la BIAC a vu ses performances et sa rentabilité affectées ces dernières années en raison d’un niveau de fonds propres insuffisant et de charges d’exploitation trop élevées, mais la raison principale des difficultés de la BIAC concerne les crédits qu’elle a accordés à l’Etat, pour un total de 85 milliards de francs congolais. Hélas, l’Etat a démontré, une fois de plus, qu’il est un très mauvais payeur !

Sur ces 85 milliards de francs congolais (30 % du portefeuille des crédits de la BIAC contre une moyenne nationale de 10%), les dettes en souffrance non recouvrées s’élèvent à au moins 25 milliards de francs congolais. Plus grave, non seulement l’Etat ne paie pas ces dettes mais il ne reconnait pas sa garantie sur certains de ces crédits, déplore-t-on dans les couloirs de la Biac.

« Cette situation est absolument inadmissible. Pour nous, c’est la double peine : nous prêtons de l’argent à l’Etat pour contribuer au développement économique du pays et à la modernisation de l’administration. Nous participons activement à la bancarisation de la paie des fonctionnaires…

Et en guise de remerciement, l’Etat ne rembourse pas ses prêts et la Banque centrale nous a mis en tension de liquidités en février en supprimant notre refinancement », explique une source de la BIAC. Qui ajoute : « Ce sont nos clients et nos épargnants qui en pâtissent. »

Vivement des solutions pérennes

Il semblerait que la Banque Centrale ait compris son erreur et que le Gouvernement cherche à présent à trouver une issue, car tout le monde sait qu’il faut sortir par le haut de cette séquence. Avec plus de 300 000 clients (dont la plupart de petits épargnants), des dépôts de 400 milliards de francs congolais, plus de 150 agences à travers le pays, la BIAC est la troisième banque du pays. En cas de faillite, la RDC et son secteur financier tomberaient fatalement « en risque systémique ».

Pour  autant, « il est quand même surprenant que les autorités n’aient pas évalué ce risque en février, car la raison invoquée sur la protection du franc congolais pour stopper le refinancement ne tient pas », estime un expert.

Ce ne sont pas 40 milliards de refinancement qui peuvent infléchir la courbe de la monnaie nationale par rapport au dollar, étant donnée la masse monétaire en circulation ». la vérité est que la légère dépréciation du franc ces derniers mois s’expliquent avant tout par la contraction économique du pays, un marché des changes non contrôlé à certains postes frontaliers et des réserves de devise en nette baisse en raison de la diminution des recettes à l’exportation causée par la chute des cours miniers.

Alors, peut-on aller jusqu’à affirmer que la BIAC est une victime collatérale de la situation économique et monétaire du pays ? Il semblerait. Le Gouverneur de la Banque Centrale l’a admis lors de son audition à l’Assemblée Nationale, le 18 mai.

Dans un courrier qu’il avait envoyé à la BIAC, le 8 avril, le Gouverneur recommandait déjà à la banque de recouvrer toutes ses créances « y compris celles sur l’Etat et ce, par toutes les voies de droit possibles (mises en demeure, mises à l’index, réalisation des garanties…) ». La décision prise, le 24 mai dernier, par le président de l’Assemblée nationale de recommander au  Gouvernement de rembourser ses dettes vis-à-vis de la Biac n’est qu’une conséquence logique.

« Nous avons perdu beaucoup de temps », déplore notre source à la BIAC. Depuis trois ans, nous avons investi, augmenté notre clientèle, modernisé nos systèmes de gestion, lancé de nouveaux produits bancaires, provisionné certaines créances douteuses… Depuis février, nous avons engagé un plan drastique de réduction des charges d’exploitation… Tout cela doit être préservé ». toutefois, à la Biac, l’on croit que « la solution pérenne passe par l’injection de fonds propres et l’arrivée d’un partenaire ou d’un nouvel actionnaire ».

Les études sur ces pistes sont en cours. En espérant que ces pistes permettent d’ouvrir la voie à une réorganisation du secteur bancaire congolais et à la constitution de véritables groupes bancaires adossés à des réseaux panafricains et internationaux.

« Les banques congolaises leaders sont trop domestiques et sous-capitalisées. Tant que la croissance est là, cela tient. Mais à présent que la situation économique est plus tendue, ce modèle montre clairement ses limites », explique notre expert.

Sur kongoTIMES!

A lire aussi

Palestine : Israël tue sauvagement des enfants, des civils et des femmes

« Le vrai propriétaire de ces terres est la Palestine. M. Trump veut que tout cela …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer