samedi , 16 décembre 2017
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Photo du Barrage Inga I
Une vue du barrage Inga I, l'un des deux barrages déjà en service sur le fleuve Congo avec Inga II.

Projet Grand Inga : Inquiétude de la RDC

Inga est incontournable dans la mise en œuvre de tout projet énergétique en Afrique. Si la Banque africaine de développement (BAD) y croit fermement, elle s’inquiète cependant de la stabilité politique de la région de l’Afrique centrale, plus particulièrement en RDC. A Lusaka où se tiennent les assemblées annuelles, le président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, en a fait mention, alors qu’il a placé l’énergie au centre de ses priorités. Un message directement destiné aux dirigeants politiques de la région. Car, il s’agit de libérer 53% de la population africaine qui n’a pas accès à l’électricité.

Lusaka, capitale de la Zambie, accueille depuis hier lundi les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Jusqu’au vendredi 27 mai 2016, près de 3 000 participants de différentes disciplines débattent des questions de développement dans la capitale zambienne.

Pour le Nigérian Akinwumi Adesina, 8ème président de la BAD depuis sa prise des fonctions en septembre 2015, ces assemblées annuelles passent pour son baptême de feu à la tête de la Banque panafricaine.

A Lusaka, le président Adesina est donc venu affirmer ses priorités et obtenir plus d’adhésions des chefs d’Etat et de toutes les forces vives du continent autour de cinq priorités qu’il s’est fixées durant son mandat.

Placées sous le thème « Energie et changement climatique »,  les assemblées annuelles de Lusaka sont, a indiqué Akinwumi Adesina lundi lors de la conférence de presse d’ouverture, « une occasion de voir comment relever le défi énergétique en Afrique, car la BAD est avant tout une banque de développement ».  « Nous connaissons les difficultés de l’Afrique. C’est à nous de proposer les solutions. Ces assemblées annuelles sont l’occasion de parler de ces millions d’Africains qui n’ont pas accès à l’électricité, de ces jeunes qui n’ont pas d’emploi, etc. », a rappelé le président de la BAD.

Dans sa vision d’amener la BAD à accorder de l’importance à l’énergie, le président Akinwumi Adesina mise énormément sur l’immense potentiel hydroélectrique du site d’Inga en République démocratique du Congo. Si la BAD attache une grande importance au développement du projet hydroélectrique, son président estime que le temps n’est plus aux belles promesses. « C’est depuis plus de 40 ans qu’on nous parle de potentialités d’Inga. Aujourd’hui, il faut passer à l’action », s’est indigné Akinwumi Adesina.

Si à la BAD, la mise en œuvre du grand projet hydroélectrique d’Inga passe pour la priorité de l’action de son président, il reste cependant une contrainte. C’est la stabilité politique dans la région des Grands Lacs, plus particulièrement en RDC.

A ce propos, le président Adesina pense que les dirigeants de la région doivent s’impliquer pour un nouveau départ dans la mise en œuvre des projets d’intégration dans la région de l’Afrique centrale. Ce qui, croit-il, à l’instar du projet hydroélectrique d’Inga devait profiter à terme à toute l’Afrique. «La Banque a pris l’engagement de travailler avec des partenaires pour débloquer le Grand Inga », a fait observer Adesina. A cet effet, il s’est félicité de l’esprit d’ouverture des dirigeants de la RDC. « Les discussions sont très avancées avec la RDC », a-t-il dit.

Est-ce à dire qu’une lueur d’espoir pointe dans la concrétisation du projet Grand Inga. C’est trop tôt de le confirmer. Toujours est-il que la BAD a promis de toute mettre en œuvre pour la mise en valeur d’immenses potentialités hydroélectriques. Mais, de l’avis de son président, tout dépend aussi de la stabilité politique de la région de l’Afrique centrale, essentiellement de la RDC. Ce qui n’est pas aussi rassurant au regard des tensions préélectorales en RDC. Ce n’est pas pour autant que la BAD se décourage. Son président garde tout son optimisme. « Pour relever le défi énergétique, nous devons avancer plus rapidement. C’est pourquoi nous avons lancé le Pacte de la BAD pour l’énergie », a souligné Akinwumi Adesina.

Il promet d’explorer toutes les filières énergétiques, c’est-à-dire l’énergie solaire, l’hydroélectricité, l’éolien et la géothermie, en veilleuse sur l’ensemble du continent.

LE GRAND RENDEZ-VOUS DE LUSAKA

Lusaka devait marquer un nouveau départ dans le travail de la BAD au niveau du continent. C’est en marge de ces assemblées annuelles que le Groupe de la Banque africaine de développement a promis de dévoiler son nouveau programme de transformation économique. Depuis sa prise des fonctions en septembre dernier, le président de la BAD s’est engagé sur cinq priorités essentielles, notamment éclairer l’Afrique et lui fournir de l’énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique, et améliorer la qualité de vie des Africains.

A Lusaka, l’énergie, une des priorités du président Adesina, qui est considérée comme le talon d’Achille du continent, constitue le thème principal de ces assemblées annuelles. Cette priorité parmi les cinq grandes priorités témoigne de la détermination de la banque à s’attaquer au grave déficit énergétique de l’Afrique, où 650 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité.

Les gouverneurs de la BAD, dont la plupart sont des ministres des Finances et de l’Économie représentant les 54 pays africains et les 26 pays non africains membres du Groupe de la banque, examineront son rapport d’activités 2015 et approuveront ses activités et son budget pour l’année à venir. En 2015, le Groupe de la banque a accordé des prêts et dons d’une valeur de 8,8 milliards Usd, soit une augmentation de 25% par rapport à 2014.

Au cours des réunions de haut niveau et des forums thématiques, les participants évalueront en profondeur la performance des pays africains de l’année écoulée et réfléchiront à la façon dont la banque peut les aider à surmonter la situation économique difficile à laquelle ils sont confrontés en raison du ralentissement économique mondial et de la chute des prix des matières premières. Malgré les « turbulences économiques » actuelles, le continent a montré une résilience extraordinaire, affichant des taux de croissance de 4%, soit 1% de plus que la moyenne mondiale, voire un taux encore plus élevé dans certains pays en 2015, a révélé le président Adesina.

[FAUSTIN K.]

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