samedi , 16 décembre 2017
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iPhones, iPad et iWatch : Les aveux d’Apple

Apple a déclaré officiellement sur son site Internet que ses iPhones, iPad et iWatch étaient fabriqués pour durer trois années. Cet aveu vient renforcer l’idée que cette marque, comme beaucoup d’autres, pratique une véritable stratégie d’obsolescence programmée. Si cette annonce relance la polémique, le ver est dans la pomme depuis déjà longtemps. En effet, l’industriel fait tout pour nous compliquer la vie en rendant la batterie ou la vitre (si fragile !) quasi irremplaçable. Oui, il existe bien une obsolescence technique pour limiter la durée de vie de cette petite machine, dont nous sommes, de plus en plus, dépendants dans nos vies ultraconnectées.

Toutefois, l’obsolescence la plus problématique est « logicielle ». Votre téléphone n’encaisse pas les « mises à jour » imposées par le constructeur. Toujours plus « obèses » les unes que les autres, elles le font ralentir, au point qu’il n’a plus rien de « smart » au final. Ces pratiques sont combattues par des associations, qui se sont insurgées, encore récemment, contre l’orchestration par Apple de l’« erreur 53 », qui consistait à bloquer ses téléphones si vous faisiez réparer la touche centrale par un expert indépendant, en dehors du circuit officiel. Suite à la pétition lancée et à la menace d’action juridique collective américaine, l’entreprise à la pomme a finalement laissé tomber.

Apple programme la fin de vie de ses produits, et elle l’assume en publiant des estimations chiffrées. Doit-on s’en offusquer ou bien l’en remercier ?

Davantage de transparence ?

Après tout, une récente étude, commandée par le Comité économique, social et environnemental européen (Cése) et réalisée par Sircome, révèle que l’affichage de la durée de vie des produits est à la fois positive pour le consommateur et pour les fabricants de produits durables. Il s’agit alors d’exiger de connaître la durabilité estimée des produits. L’information délivrée par Apple irait donc dans le sens de la transparence. A partir du moment où le consommateur détient l’information, il peut faire le choix, en toute conscience, de favoriser un produit durable ou non. Par ailleurs, l’entreprise défend son bilan environnemental, avec la récupération de plus de 27 800 tonnes de matériaux, au moyen de son programme de recyclage.

Cet exemple pose le débat du modèle économique, social et écologique auquel nous aspirons. Connaître la durée de vie des produits et développer le recyclage suffisent-ils à penser que l’obsolescence programmée n’est plus un problème ? En réalité, le renouvellement accéléré des produits reste inacceptable. D’une part, les consommateurs subissent toujours les défaillances de leurs produits et en payent le prix fort, tant qu’il n’y aura pas d’alternative. D’autre part, les impacts du recyclage sont à relativiser, dans la mesure où le recyclage lui-même est énergivore et, surtout, c’est au moment de la fabrication des produits que l’empreinte écologique est la plus forte. Actuellement, d’après l’université des Nations unies, les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), dans le monde, ont progressé de 32 % en cinq ans et pourraient atteindre 50 millions de tonnes en 2018. Sur une année, les Européens portent l’équivalent d’un sac à dos de plus de 15 kg chacun de ce genre de déchets.

Bien sûr, il faut afficher la durée de vie des produits et recycler, mais il faut aussi développer l’alliance des citoyens et entrepreneurs responsables pour valoriser des produits robustes, modulables, le réemploi et la réparation, ou encore des logiciels libres et soutenables. Le consommateur a entre ses mains un pouvoir considérable qu’il sous-estime. Mobilisés, nous envoyons un signal fort : l’obsolescence n’est plus une stratégie gagnante. La chute considérable du chiffre d’affaires de la multinationale est d’ailleurs significative d’un modèle à bout de souffle. Alors, la trop courte vie des appareils Apple, non merci !

Laetitia Vasseur, présidente et cofondatrice de HOP (Halte à l’obsolescence programmée)

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