dimanche , 17 décembre 2017
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De gauche a droite : Augustin MATATA PONYO, "Joseph KABILA" et Aubin MINAKU
De gauche a droite : Augustin MATATA PONYO, "Joseph KABILA" et Aubin MINAKU

RDC : Parlement – Primature, la guerre est déclenchée

A quel jeu joue la Majorité présidentielle ? Au vu du spectacle qu’offre celle-ci à l’Assemblée nationale, on perd finalement son latin. Entre la Chambre basse du Parlement et la Primature, c’est une guerre larvée par voie de communiqués. La semaine qui s’achève en a été sérieusement nourri. Lorsque le bureau de l’Assemblée nationale s’est chargé, par voie de presse, de recadrer les attaques lancées contre son président par une main noire téléguidée depuis le cabinet du Premier ministre, la Primature s’est servie des mêmes canaux pour larguer, vendredi dernier, un communiqué piquant, directement orienté vers la Majorité. La guerre était déclenchée.

Décidément, la Majorité présidentielle est un bateau à la dérive. Ce ne sont pas de preuves qui manquent. Chaque jour qui passe, elle envoie des signaux qui présagent sa désintégration. L’action lancée contre le Premier ministre à l’Assemblée nationale en est une illustration. Les répliques en plénière ont donné lieu à un déballage révélateur d’un règlement des comptes qui mine  de l’intérieur le bâtiment battant pavillon MP.

A quel jeu joue la Majorité présidentielle ? Au vu du spectacle qu’offre celle-ci à l’Assemblée nationale, on perd finalement son latin.

Entre la Chambre basse du Parlement et la Primature, c’est une guerre larvée par voie de communiqués. La semaine qui s’achève en a été sérieusement nourri. Lorsque le bureau de l’Assemblée nationale s’est chargé, par voie de presse, de recadrer les attaques lancées contre son président par une main noire téléguidée depuis le cabinet du Premier ministre, la Primature s’est servie des mêmes canaux pour larguer, vendredi dernier, un communiqué piquant, directement orienté vers la Majorité. La guerre était déclenchée.

L’examen à l’Assemblée nationale du collectif budgétaire pour l’exercice 2016 est venu raviver la polémique entre les deux institutions, dirigée de surcroît par des personnalités issues des rangs de la Majorité présidentielle. Pire, du parti présidentiel, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Entre les deux, on n’est plus loin de l’animosité.

Dans l’opinion, l’on se perd en conjectures. Personne ne sait dire exactement ce qui se passe entre le Palais du peuple, siège du Parlement, et la Primature. Les deux institutions se regardent en chiens de faïence, prêts à s’empoigner à la moindre étincelle. Toute occasion est bonne pour que l’une saute sur l’autre pour se couler mutuellement.  Plusieurs sources proches de la famille politique du chef de l’Etat rapportent l’existence des camps au sein de la MP. Rien d’étonnant que sa devanture soit marquée par de graves fissures. Bien plus, la MP pourrait se désintégrer à l’issue de la polémique qui est née entre le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.

Scénario indescriptible

La réplique du Premier ministre Matata aux préoccupations soulevées par la représentation nationale sur le projet rectificatif de la loi de finances 2016 a tourné au vinaigre, mieux, à un règlement de comptes en bonne et due forme. Un spectacle désolant que le public a suivi en direct sur les antennes de la télévision nationale.

Selon des indiscrétions glanées dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le premier acte qui aurait déclenché la fougue contre le chef du gouvernement serait cette la communication faite la semaine dernière par les services de la Primature. Dans cette communication, la Primature affirmait détenir des preuves évidentes selon lesquelles les initiatives de contrôle parlementaire adressées au Premier ministre et d’autres membres du gouvernement par l’Opposition, proviennent de la Majorité présidentielle et, plus précisément du PPRD, le parti dont est membre le chef du gouvernement.

Si les députés, en général, ont exprimé leur désapprobation à cette communication, ceux de l’Opposition ont poussé leur indignation plus loin. Et c’est le député MLC Fidèle Babala qui s’est chargé de traduire l’option levée. C’est l’acte II de la plénière d’hier mercredi à l’hémicycle. Celui-ci a exigé du Premier ministre des excuses publiques et immédiates devant la plénière, avant de présenter sa réplique aux nombreuses préoccupations soulevées par les députés à la présentation du projet de collectif budgétaire. Fidèle Babala, qui intervenait par motion d’ordre, est allé jusqu’à qualifier la communication de la Primature « d’outrage à la fonction parlementaire ». C’était le début d’une séance qui n’a pas tardé de tourner à un pugilat.

Même si on n’a pas fait parler les muscles, il faut dire que les interventions des uns et des autres ont été d’un ton sec et sévère. L’appel au calme lancé par le président de l’Assemblée nationale aux élus du peuple pour que la question soit traitée à huis clos a juste retardé l’éruption. La tempête n’aura donc été que de courte durée, jusqu’à ce que des considérations jugées « trop personnelles » contenues dans la réplique du Premier ministre ne fassent exploser le volcan parlementaire, qui était déjà en ébullition.

Matata Ponyo, qui répondait de manière regroupée aux préoccupations des députés, s’est personnellement chargé du député Boris Mbuku Laka, auteur de la diatribe : « Je mange, tu manges, nous mangeons », qu’il a prononcé lors du débat général du lundi 16 mai 2016.

Pour le Premier ministre, qui a dit avoir consulté ses spécialistes de langages codés, la conjugaison « Je mange, tu manges, nous mangeons », est une pratique contraire à l’éthique et la morale pour un homme d’Etat. Le grand déballage qui s’en est suivi a fini par marquer toute la plénière du mercredi 18 mai. Des révélations, classées secret défense ont par la suite été portées à la connaissance du grand public. La plénière a dès lors pris une autre tournure.

Directement mis en cause, Me Boris Mbuku a obtenu du président de l’Assemblée nationale l’autorisation de répliquer au Premier ministre. C’était la dérive.

Heureusement qu’au-delà de cette guerre de clans entre des vieux amis de la Majorité présidentielle, la plénière de l’Assemblée nationale a jugé recevable le projet rectificatif de la loi de finances 2016. Pour le moment, le projet a été transmis à la commission Ecofin de l’Assemblée nationale pour un examen approfondi dans un délai de cinq jours.

Certes, l’incident d’hier mercredi a été de belle manière éteint par le bureau de l’Assemblée nationale, cependant il faut reconnaître que la guerre entre Matata et Minaku est désormais ouverte. Les deux personnalités ne s’en cachent plus – leurs communiqués respectifs faisant foi. Les textes mis sur la place publique trahissent les sentiments qu’ils éprouvent l’un envers l’autre.

Famille politique au pouvoir,la MP est au banc des accusés. Il y a des loups dans la bergerie. C’est tout le sens du communiqué du 13 mai 2016 de la Primature. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on.

A tout prendre, on ne pouvait pas impunément charger le Premier ministre. En prenant cette ligne de défense, Matata doit avoir réuni assez d’éléments à charge. Le bureau de la MP a du pain sur la planche ; la panique qui gagne ses rangs est un signe qui ne trompe pas sur l’ébranlemment de ses fondements.

[lePotentiel]

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