dimanche , 21 janvier 2018
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RDC : Nécessité d’un sursaut patriotique

La fin de l’année 2016, plus précisement le mois de Novembre, devrait voir le peuple Congolais se rendre aux urnes pour élire le Président de la République, et de ce fait confirmer l’alternance au sommet de l’état. Cette alternance politique prescrite dans la constitution en son article 220, fixe à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Cette constitution, votée par référendum et promulguée le 18 février 2006 par le Président de la République, Joseph Kabila, est le soubassement de la Troisième République.

Cette même constitution s’est donnée sommairement les objectifs suivants:

  • Édifier un État de droit durable fondé sur le pluralisme politique
  • La séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire
  • La participation des citoyens à l’exercice du pouvoir
  • Le contrôle des gouvernants par les gouvernés et la transparence dans la gestion des affaires publiques
  • La subordination de l’Autorité militaire à l’Autorité civile
  • La protection des personnes et de leurs biens
  • Le plein épanouissement tant spirituel que moral de chaque citoyen congolais, ainsi que le développement harmonieux de la communauté nationale

A quelques mois du scrutin présentiel, rien ne semble indiquer une volonté d’organiser des élections libres et apaisées à temps. Au contraire, le régime de Kinshasa reste manifestement arquebouté à un dialogue avec l’opposition et la société civile afin de s’accorder sur la marche à suivre.

La démarche du pouvoir en place ne convainc pas et à s’y entêter, les tenants du pouvoir prennent le risque d’ouvrir la boîte de pandore.

Pourquoi un dialogue, alors que nous l’avons déjà eu à l’époque. Rappelez-vous l’accord de Sun City signé le 19 Avril 2002 en Afrique du Sud à l’issue du dialogue Inter-Congolais. Ce dialogue créa les bases et les contours de notre constitution actuelle, permettant au parti au pouvoir de jouir de ses bienfaits à travers les élections de 2006 et 2011.

Pourquoi une discussion pour préparer les élections lorsque notre constitution s’y ait prononcé en son article 220 et l’institution chargée de son application, la CENI est bel et bien existante et fonctionnelle. Si, la constitution, le texte fondamental qui régit de manière organisé et hiérarchisé l’ensemble des rapports entre gouvernants et gouvernés, ne peut être respectée par les tenants du pouvoir, alors le peuple est en droit de réagir. Loin de moi l’idée d’inciter à un soulèvement populaire, mais l’article 64 de la constitution de la RDC est sans ambiguïté et dit ceci : «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi ».

La question que tout Congolais devrait se poser est la suivante : Voulons-nous un pays qui regarde vers l’avenir en renforçant les institutions de la République pour permettre aux Congolais de vivre un véritable état de droit ou bien allons-nous accepter ce coup d’état constitutionnel qui ne dit pas son nom et réouvrir ainsi l’ère du Marechal Mobutu.

Pour mémoire, le peuple Congolais ne doit jamais oublier l’échec de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) du début des années 90 qui devait préparer le pays à une alternance politique. L’incapacité du régime Mobutu à lire les signes du temps et sa volonté de torpiller les travaux de la CNS, ont conduit le pays dans une crispation du jeu politique qui s’est traduit plus tard par les différentes rebellions/guerres que nous avons connu et au pire désastre humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale (6 millions de morts). Les séquelles de ce passé sombre de notre patrie se font toujours sentir jusqu’aujourd’hui. L’histoire aurait pu s’écrire autrement si, nous avions fait preuve d’un sursaut patriotique pour la sauvegarde des intérêts de la nation.

Au vu de ce constat, il est de notre devoir citoyen de s’assurer que de telles pratiques soient vigoureusement combattues afin d’éviter au peuple Congolais de revivre des périodes tragiques de son passé. La survie de notre nation dépendra de la prise de conscience et des actions du plus grand nombre pour que l’alternance voit le jour.

C’est dans ce sens que :

  • je salue l’avènement du Front citoyen 2016,
  • j’applaudis les actions du mouvement citoyen Filimbi,
  • j’encourage les actes non violents et non partisans du mouvement LUCHA,
  • je demande surtout aux forces armées de ne pas violer l’espoir de plus de 70 millions de Congolais de voir une alternance démocratique.

Nous devons contraindre le régime à se plier à la volonté populaire. Ne rien faire et laissez faire, c’est abdiquer et accepter un avenir sans lendemain meilleur.

N’oublions pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets : Nous l’avons déjà vécu et faisons en sorte que le passé ne se reproduise plus.

Un Patriote Congolais

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