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RDC : L’obscurantisme

L’obscurantisme est défini comme une attitude ou un système de pensées visant à s’opposer à la diffusion dans la population des connaissances scientifiques du progrès. Sous cet angle, et par extension, l’obscurantisme s’oppose farouchement à l’évolution, au progrès social, à l’amélioration des conditions de vie de la majorité. En RDC, cette attitude, qui trouve son origine dans l’absence de vision scientifique de notre territoire, engendre le plus souvent de faux débats, de fausses analyses des défis à relever pour le développement du pays et, plus grave, des comportements autodestructeurs. C’est cet obscurantisme que nous dénonçons dans le chef de ceux et celles, nationaux comme étrangers, qui ont initié des actions contre le Projet hydroélectrique Grand Inga.

« Quelle que soit la solution adoptée, il importe en tout cas de sauvegarder autant que possible la totalité des réserves énergétiques du site (d’Inga) afin de ne pas hypothéquer l’avenir « . F. Campus (1958).

Introduction

L’obscurantisme est défini comme une attitude ou un système de pensées visant à s’opposer à la diffusion dans la population des connaissances scientifiques du progrès. Sous cet angle, et par extension, l’obscurantisme s’oppose farouchement à l’évolution, au progrès social, à l’amélioration des conditions de vie de la majorité.

En R.D Congo, cette attitude, qui trouve son origine dans l’absence de vision scientifique de notre territoire, engendre le plus souvent de faux débats, de fausses analyses des défis à relever pour le développement du pays et, plus grave, des comportements autodestructeurs.

C’est cet obscurantisme que nous dénonçons dans le chef de ceux et celles, nationaux comme étrangers, qui ont initié des actions contre le Projet hydroélectrique Grand Inga.

D’après le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), « la demande d’énergie électrique (en Afrique) passera de 590 Térawatts-heure (TWh) en 2010 à plus de 3100 TWh en 2040. Ce qui correspond à un taux de croissance annuel moyen proche de 6 %. Pour y faire face, la capacité de production électrique installée devra passer du niveau actuel de 125 gigawatts (GW) à près de 700 GW en 2040 ! »(1)

D’après le Ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité de la R.D. Congo, en 2013, ce pays comptait 65 millions d’habitants. Sur ce nombre, seuls 9 % avaient accès à l’énergie électrique (soit 5 850 000 habitants) avec un réseau électrique qui souffre depuis bientôt une décennie d’un délestage quotidien de plusieurs heures nuisant terriblement à l’activité économique. En d’autres termes, 59 150 000 Congolais n’ont pas accès à l’électricité !

Dans ces conditions, comment peut-on entrevoir un développement social, économique et industriel du pays ? En 2050, ce ministère estime que le pays comptera 160 millions d’habitants, auxquels il faudra fournir de l’énergie électrique.

À ces besoins du Secteur public, il faudra ajouter les besoins du Secteur industriel et minier dont la demande en énergie électrique connaît une croissance phénoménale depuis la libéralisation de l’exploitation minière (2). Seul le Grand Inga pourra répondre à tous ces besoins avec le moins d’impact socio-environnemental possible que d’autres filières énergétiques proposées par les opposants à ce projet.

D’où, la nécessité pour l’État congolais et ses partenaires d’investir dans sa construction et pour le peuple congolais de soutenir tous les efforts allant dans ce sens. C’est à ce titre que se justifie notre intervention. Elle est fondée sur quatre éléments essentiels :

1) nous connaissons relativement bien la région du Bas-Congo que nous avons visitée soit pour des raisons de recherche scientifique, soit pour des visites familiales et touristiques (Jardin botanique de Kisantu, Kuilu-Ngongo, Centrales d’Inga 1 et 2, Boma, Moanda avec son Parc national de la Mangrove et Banana, etc.) ;

2) nous avons étudié la biodiversité des poissons d’eau douce de cette région du fleuve Congo, plus particulièrement les poissons du genre Labeo (Teleostei, Cyprinidae) dans le cadre de notre mémoire de Maîtrise en Écologie des Eaux Continentales(3) ;

3) nous avons participé au « Congo Project », un projet initié par une équipe d’ichtyologistes de l' »American Museum of Natural History » de New York (USA) sous la direction de la Dr. M. Stiassny. Ce projet portait essentiellement sur l’étude de la biodiversité des poissons du cours inférieur du fleuve Congo et ses affluents, du Pool Malebo à l’embouchure, en passant par le site d’Inga. C’est dans ce cadre que, en 2006, nous avions décrit une nouvelle espèce de poisson du genre Labeo (L. fulakariensis Tshibwabwa, Stiassny & Schelly, 2006)(4). Donc, nous avons une vue relativement précise de la biodiversité des poissons d’eau douce de cette région dont le site d’Inga concerné par la construction du barrage Grand Inga ;

4) enfin, nous avons été invité l’année dernière par une équipe internationale de Scientifiques dans le domaine de la biodiversité pour contribuer à une étude collective sur l’impact de grands barrages sur l’environnement. Nous avions dû débarquer de cette équipe après avoir constaté que les idées avancées par la majorité des Scientifiques tendaient à empêcher la construction des grands barrages dans le monde, plus particulièrement le barrage Grand Inga dont l’importance est quasi vitale pour le développement de notre pays.

De nombreux organismes internationaux, institutions de recherche scientifique et groupes autochtones instrumentalisés ont engagé une lutte féroce contre le Projet Grand Inga. Les arguments des uns et des autres ne résistent pas à l’analyse face aux nombreux avantages que les populations congolaises et africaines pourront tirer de ce complexe énergétique.

Outre le manque d’informations, certains arguments relèvent carrément de la désinformation et de la mauvaise foi, par exemple, le barrage Grand Inga va occasionner le déplacement de 10 000 communautés locales(5) ou, ce barrage va entraîner la suppression des pêcheries endémiques du fleuve Congo(6).

En outre, les filières énergétiques de substitution proposées par ces organismes et institutions de recherche scientifique ne sont pas de nature à permettre à la R.D. Congo et à l’Afrique d’atteindre leurs objectifs du développement.

La présente analyse se propose de recenser les différents arguments avancés par ceux qui s’opposent au Projet Grand Inga, d’examiner leurs pertinences (ou fondements) et de proposer de puissants arguments de réfutation et nos suggestions aux décideurs appelés à contrer l’action de ces opposants auprès des organismes ayant montré leur intérêt à financer ce projet.

Étant donné l’importance du sujet pour cette génération et les générations à venir, cette analyse sera présentée en deux parties. La première partie va traiter de l’historique du Projet d’Inga. « Sans mémoire, base de l’histoire, point d’évolution », dit-on.

Apprendre l’histoire d’Inga permettra à nos compatriotes, particulièrement ceux instrumentalisés par certains ONG, de mieux comprendre tous ces débats et surtout de mieux saisir les véritables enjeux de notre société dans ce XXIe siècle et aussi de relativiser leurs appréhensions.

La deuxième partie fera l’inventaire et l’analyse des arguments de ses opposants. C’est aussi dans cette partie que nous ferons la réfutation de ces arguments et donnerons nos suggestions avant de conclure notre sujet.

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