samedi , 16 décembre 2017
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Photo des membres du gouvernement Matata II.
Premier ministre de la RDC, Augustin MATATA PONYO MAPON [milieu] et les membres de son gouvernement.

RDC : Avec le Gouvernement Matata, le Congolais n’y voit que de la fumée !

Le social est-il le laissé-pour-compte du Gouvernement Matata trop enlisé dans les cogitations macro-économiques ? Au commencement, il y avait des chiffres, puis vinrent des taux chiffrés auxquels succédèrent encore des chiffres… Tel est le premier verset de l’évangile du deuxième épitre de Matata au peuple de la République démocratique du Congo (RDC).

Si l’on ne fait pas le compte rendu de la Troïka stratégique maquillée des chiffres trop beaux pour être vrais, l’on vante le cadre macro-économique, le taux d’inflation, la stabilisation des prix et les réserves en devises.

De la place des artistes située au cœur de Kinshasa au Rond-point Munzihirwa à Bukavu en passant par les chutes Wagenia à Kisangani et le Marché Central de Kindu, le Congolais moyen n’y voit que de la fumée !

« Et le social ? Et le quotidien des Congolais ? Et le panier de la ménagère », s’interroge une vendeuse du marché.

Joseph Kabila : « Je vous ai compris »

L’option levée lors des Concertations nationales était inéluctable et la réponse du chef de l’Etat était très responsable, limpide, claire comme l’eau sur roche : « Je vous ai compris », faisant allusion aux recommandations de ces concertations qui se résumaient en la nécessité de la formation d’un gouvernement de cohésion.

Le chef de l’Etat étant incontestablement le seul comptable à la fin 2016, d’où sa volonté, sa détermination et son intelligence sont impérativement irremplaçables pour surmonter tous les défis qui jalonnent la marche vers le futur de la RDC évidemment avec sa vision salvatrice pour l’émergence, celle de la révolution de la modernité. Ainsi a-t-il convié un nouveau départ aux Congolais, dans sa politique d’ouverture, par la formation d’un gouvernement avec mission de :

  • restaurer la paix et rétablir l’autorité de l’état
  • consolider la cohésion nationale,
  • poursuite de la reconstruction du pays en partie ravagée par la guerre
  • l’appui au processus électoral,
  • mettre en œuvre la décentralisation
  • appliquer les recommandations des concertations nationales,

Pour ce qui concerne la paix notre armée monte en puissance grâce à une capacité de dissuasion, telle celle de l’opération« pomme orange »qui a pu mettre en déroute les rebelles du M23 et poursuit ses opérations contre les ADF et FDLR afin de remmener définitivement la paix.

Pour le reste des recommandations, dont le Gouvernement que préside Matata Ponyo avait pour mission d’exécuter, mille et une questions restent posées et les réponses ne sont connues que par le chef du gouvernement.

Le gouvernement ne s’est pas permis de dire la vérité au souverain primaire après les assises de Béatrice Hôtel, une situation que – si l’on n’y prend pas garde – risque à coup sûr d’annihiler tout espoir de décollage économique.

Les prestidigitations économiques de Matata Ponyo aux allures de cirque ont été ici démasquées par le fait même que la croissance à la quelle il fait allusion a été littéralement contredite par le rapport DOING BUSINESS.

Pour conséquence : le pays vient de perdre 6 places depuis qu’il est aux commandes. C’est autant une perspective bien sombre si l’on s’en tient en réalité aux critères revendiqués par le gouvernement qui prétend placer le pays en position utile à travers ses reformes, moins rassurantes à bien des égards.

Petit à petit, la population découvre que le slogan « croissance économique » n’était qu’un chapelet de bonnes intentions, trop beau pour être vrai !!!!

Et la Troïka stratégique, quel contraste….

Et si on donnait raison à ceux qui traitent le gouvernement de navire sans gouvernail et d’espace conflictogène ? Le député national Henri Thomas Lokondo ne l’a-t-il pas traité d’intérimaire ?

La Troïka stratégique entonne chaque semaine le même refrain aboutissant toujours à un taux de croissance progressif pendant que les congolais meurent de faim, pendant qu’on tue à Beni.

Les provinces minières continuent de voir leurs populations croupir dans la misère tel que constaté lors des journées minières par le Président de la République.

Pourquoi faut-il que la Gécamines et ses multiples joint venture, les autres 558 entreprises minières et pétrolières de la RDC ne soient pas rentables pour le Trésor Public ?

Que rapportent Banro, Tenke Fungurume, Cohydro, Kibali Gold/AGK ?

Pourquoi le coulage des recettes n’est jamais évoqué par la Troïka alors qu’elle constitue une faiblesse de ce gouvernement et va à l’encontre des recommandations lui assignées par le chef de l’Etat ?

La mobilisation des recettes a du plomb dans l’aile et ne permet pas au pays de se doter d’un budget digne de ce nom. Les prévisions budgétaires de 8.406.000.000 de francs congolais équilibrées en dépenses et en recettes n’est pas très distant de celui de 2014 (8.273.000.000 de francs).

Qu’est-ce qui empêche au Gouvernement de réussir la mobilisation optimale des recettes dans un pays qui aspire à l’émergence à l’horizon 2030 alors que sa douane reste la plus chère au monde ?

Pourquoi ne pas arrêter de se plaire sur le beau Boulevard du 30 Juin à la Gombe et regarder véritablement la situation de Kisenso, Ngandajika, Watsa et toutes les nouvelles villes et communes crées par Décret du Premier ministre, masturber par une rigueur apparente avec cette Troïka qui n’est nullement pas soutenue par le commun des mortels qui voulaient la voir laisser place à :

  • une troïka « infrastructures » avec comme finalité primordiale régler les questions infrastructurelles pour répondre aux impatiences de la demande sociale qui se sont exprimées très clairement à l’instar du soutien à toute initiative visant à renforcer le management PROROUTES,
  • ou encore une troïka sécuritaire,
  • ou encore celle de la décentralisation, s’agissant de la décentralisation et du renforcement de l’autorité de l’Etat vers un enfantement par césarienne de la décentralisation ?

Le chef de l’Etat a demandé au parlement de compléter l’arsenal juridique relatif à ces matières ainsi qu’au régionalisme politique, annonçant même dans ce cadre l’installation progressive de nouvelles provinces et le transfert de leurs compétences, ressources et charges conformément à la constitution.

Le découpage venant renforcer la décentralisation, le chef de l’Etat l’a voulu progressif et il avait totalement raison. C’est un long processus, aussi comme un fleuve irrigué par nombreux affluents.

Le fait que de plus en plus l’on entend des voix s’élever rationnellement pour ou contre le découpage rappellent la tour de Babel avec son cortège de divisions et d’incompréhensions.

Il ne s’agit pas ici de décider si le découpage est une option ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment la mettre en pratique afin qu’elle réalise les objectifs qu’elle s’est fixées. Cette précipitation manifeste du découpage contrairement aux recommandations du chef de l’état fragilise significativement l’autorité de l’Etat.

D’où, une série de conditions pour les atteindre notamment :

  • l’implication active des citoyens dans le processus,
  • rendre les entités décentralisées et les animateurs capables et compétitifs,
  • renforcer l’administration des nouvelles entités par une politique des non originaires et de la compétence,
  • fournir un cadre institutionnel favorable qui donne l’autorité et les pouvoirs de décision au niveau local.

Au regard de ce tableau sombre, un questionnement s’impose, celui de savoir si les recommandations des Concertations nationales font partie d’une feuille de route du chef du Gouvernement :

  1. Ce gouvernement est-il dans le schéma d’amener le pays à l’émergence ?
  2. Le futur dialogue n’est-il pas une solution pour recomposer les forces politiques afin d’obtenir un gouvernement capable de remplir valablement la mission lui confiée par le chef de l’Etat ?
  3. Dans le cadre de l’ouverture politique, quid de l’implication du Gouvernement central pour la libération du sénateur Jean Pierre Bemba ?
  4. Où sommes-nous avec la conférence des gouverneurs et les conseils des ministres devant se tenir tous les vendredis afin de rendre hebdomadairement compte à la population ?
  5. Décentralisation-découpage : quid des difficultés liées aux problèmes des infrastructures devant héberger les nouvelles institutions à l’instar de la province de l’Equateur ou il ya absence des voies de mobilité et ou une seule province remplit des conditions de viabilité sur les cinq futures provinces ?

A quand la construction des Cours d’Appel devant connaitre des contentieux judicaires restant intrinsèques à la crédibilisation des élections ne relevant pas du domaine desrèglements car relevant du domaine de la loi ?

Le chef du Gouvernement a donc du pain sur la planche et devrait :

  • laisser le gouverneur de la ville de Kinshasa entretenir ses artères et encourager les balayeurs de nuit,
  • laisser le ministre des ITPR contrôler le nouveau Terminal de la RVA que de s’y rendre 2 fois par semaine,
  • donner aussi l’occasion au nouveau ministre de l’Agriculture de présenter ses projets agricoles que de s’accaparer des études et de toutes les décisions sur le projet de Bukalanlonzo qui a déjà consommé plus de 100 millions d’USD du Trésor.
  • donner les moyens aux gouverneurs de province d’user de leurs Budgets et permettre au Gouverneur du Maniema d’appliquer sa politique, que de lui imposer ses visions.

Pour diriger la RDC, ne faut il pas avoir une large vision comme l’avait si bien dit le 1er Premier ministre Lumumba ?

[G.M.] Cet article a été lu 3026 fois – 20/06/2016 – wiwmtktns

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