dimanche , 17 décembre 2017
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Membres de la CENI congolaise

RDC : Mis en garde de Ngoyi MULUNDA à la Majorité présidentielle

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) condamne avec la dernière énergie la campagne électorale anticipée à laquelle certains partis et acteurs politiques se livrent à ce jour. Même si la loi électorale est claire en ce qui concerne la période de la campagne électorale, quel comportement la Ceni devra-t-elle adopter si cette mise en garde n’est pas respectée ? Avec cette ouverture prônée par le Président de la Ceni, l’UDPS n’aura plus de raisons pour ne pas signer le Code de bonne conduite.

Le Président de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda a réuni hier les membres du cadre de concertation, qui réunit les opposants soutenant la candidature du leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et n’ayant pas signé le Code de bonne conduite. Avec ces opposants, Ngoy Mulunda a fustigé la campagne électorale anticipée, au mépris du de ce code de bonne conduite et de la loi électorale. A cette occasion, il a appelé ces acteurs politiques à enlever leurs affiches, banderoles et panneaux publicitaires visibles à travers la capitale. Même s’il n’a pas dit quelles sont les conséquences d’un tel comportement qui énerve les dispositions de la loi électorale relatives à la campagne électorale.

Pour la Céni, a dit le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda, la campagne électorale n’a pas encore commencé. Et donc, il n’est pas possible que l’on voit à travers la ville et le pays des panneaux et autres supports annonçant la victoire de tel ou tel autre candidat. « Nous n’avons pas attendu que l’opposition nous fasse la remarque pour prendre cette mesure. Nous avons déjà écrit au Secrétariat général de la Majorité présidentielle, et réservé une copie au Gouverneur de la ville de Kinshasa, pour demander à ce qu’on enlève tous les panneaux et affiches imprimés sur les effigies de certains candidats à l’élection de novembre », a indiqué le pasteur.

Le président de la Céni a rappelé à l’assistance que la loi prévoit le début de la campagne un mois avant la tenue des élections. Et donc, aucun dérapage ne sera toléré. Même si tel est le cas, ceci ne doit pas se faire de n’importe quelle façon. Car l’article 30 de la loi électorale indique que pendant la période de la campagne électorale, l’apposition d’affiches, de photos et autres effigies de propagande électorale est autorisée dans les conditions déterminées par la CENI. Il sied de souligner que c’est l’Opposition politique qui a dénoncé cette façon de faire la campagne électorale précoce, dans l’objectif d’avoir un processus électoral apaisé et équilibré. Au-delà de cette revendication, les opposants ont aussi exigé l’audit du fichier électoral avant la signature du Code de bonne conduite.

Concernant l’audit du fichier électoral, la Ceni et l’opposition se sont mises d’accord sur la nécessité pour elle de désigner cinq personnes par groupe afin d’auditer ce fichier. L’opposition a déjà retenu ses membres. Il ne reste qu’à la majorité présidentielle de faire de même, afin d’accéder à ce fichier. Soulignons que la Mp n’avait pas manifesté le besoin d’accéder au fichier, et ne s’est pas encore prononcée sur ce sujet. Cependant, lorsque les deux parties auront désigné leurs membres, les deux formeront une équipe qui viendra échanger avec les techniciens de la Ceni et ceux de la communauté internationale qui travaillent en binôme avec la Ceni.

Auditer quoi et dans quel objectif ?

Dans la pratique, ne peuvent auditer une entreprise publique ou privée que des cabinets d’audit de renommée tant nationale qu’internationale. Ceci pour dire qu’il ne revient pas à des individus sans titres ni qualités de prétendre auditer une aussi importante institution de la trempe de la Ceni. Lorsqu’on audite une entreprise, généralement on cherche à savoir comment les différentes opérations financières ont été menées et quel gain elle peut en tirer. Pour d’autres, l’audit sert à découvrir comment les contrats ont été signés, pour savoir s’ils respectent la procédure en la matière. Pendant que l’audit du fichier électoral s’avère être une opération délicate, c’est le temps que choisit la Ceni pour l’autoriser.

Un autre fait et non des moindres, c’est la non qualification des délégués de l’Opposition qui ont reçu pour mission d’auditer le fichier électoral. Selon certaines indiscrétions, il s’avère que les délégués de l’Opposition sont beaucoup plus des politiques que des techniciens dont on a réellement besoin. Avec les politiques, il faut s’attendre à ce que le travail n’aboutisse pas, surtout que leur volonté est de prouver aux yeux du monde qu’il y a eu effectivement fraude et qu’on ne peut pas aller aux élections dans ce contexte. Il s’agit d’une erreur qu’on aurait dû éviter en amont, en créant la confiance entre différents acteurs. Mais soulignons quand même que le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda rassure qu’aucune partie ne devra bloquer le travail de la Ceni. A ce sujet, le délégué de l’Opposition, Maître Efole du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd) indique que l’audit du fichier électoral est un préalable qu’il faut remplir afin d’épargner le processus électoral des conséquences fâcheuses. L’opposition a demandé à la Ceni de faire sienne cette question. Car pour lui, « Auditer le fichier électoral, c’est assurer la maîtrise de celui-ci ».

Abordant la deuxième préoccupation relative à la signature du Code de bonne conduite, le coordonnateur de l’opposition, Lisanga Bonganga a assuré à la Commission électorale que l’Opposition n’est pas hostile à cette démarche. Elle va signer le document au moment venu. C’est ici qu’il faut souligner que si la Ceni a accepté que son fichier électoral soit audité, l’UDPS n’aura aucune raison de ne pas signer le Code de bonne conduite, qui établit en quelque sorte les règles de jeu pour la tenue des élections apaisées.

La préparation des témoins

S’exprimant sur la problématique relative au serveur central, le président de la Ceni a fait savoir que les procédures de vote en Rdc sont essentiellement manuelles. Et donc, le serveur va juste aider à la collecte des données de travail sur les entités de base. Mais, il ne peut pas en soi réaliser toute la procédure de vote. Tel qu’organisé à ce jour, le vote se déroule dans les bureaux de vote et de dépouillement et les résultats sont immédiatement affichés. Ceci est conforme à l’article 68 de la loi, qui stipule qu’aussitôt le dépouillement terminé, le résultat est immédiatement rendu public et affiché devant le bureau de dépouillement suivant les modalités arrêtées par la Ceni. En effet, l’option manuelle telle que soulevée ici oblige l’Opposition à commencer le bon combat en s’attaquant véritablement aux vraies questions électorales, comme le demande la Ceni. Pour elle, il s’agit de voir cette classe politique assurer sa présence et la prise en charge de ses témoins et observateurs dans les 62.000 bureaux de vote et de dépouillement, mais aussi dans les centres locaux de compilations des résultats.

La Ceni pense également que l’Opposition devra se déployer dans la vulgarisation de la loi électorale et de ses mesures d’application, dans la sensibilisation de l’électorat sur les procédures de vote et dans la formation des témoins des partis et regroupements politiques sur l’observation le contentieux électoral. Ce sont là des problèmes cruciaux auxquels devront se préparer l’Opposition afin de dissiper toutes suspicions dans le processus. Ceci, parce que lors de la période d’enrôlement au fichier électoral, plusieurs partis politiques n’avaient pas aligné leurs témoins. Et si l’on veut avoir un climat apaisé au lendemain de la date du 28 novembre prochain, on a intérêt de préparer les témoins qui auront pour mission de vérifier le bon déroulement des élections.

Libre de signer le Code de bonne conduite

« La signature du Code de bonne conduite est un acte tout à fait volontaire », a indiqué hier le président de la Ceni. D’après lui, signer le Code de bonne conduite n’est pas une condition sine qua non pour participer aux élections. Cependant, signer ce document comme plusieurs partis de la majorité et de l’opposition de Sultani, c’est manifester sa volonté de voir des élections démocratiques, apaisées se tenir au pays. Et ne pas le faire, a dit le président Mulunda, c’est s’exposer. « Les partis et regroupements politiques qui ne vont pas signer ce document seront indexés comme étant à la base des troubles dans le processus électoral », a prévenu le pasteur.

Le président de la Ceni a répondu par ailleurs, à plusieurs autres préoccupations soulevées par l’opposition, notamment sur les difficultés rencontrées dans le paiement des frais pour le dépôt des dossiers, etc. Remerciant le pasteur pour l’initiative et le travail réalisé, le leader des Fonus, Joseph Olenga Nkoy a expliqué à l’assistance des problèmes rencontrés dans le paiement des frais et le refus par certains agents de la Ceni de réceptionner certains dossiers des membres de l’opposition. A l’en croire, des contraintes de taille les avaient réellement empêchés d’être au rendez-vous. Mais pas à temps, parce que beaucoup de candidats à la présidence comme à la députation nationale n’avaient attendu que les derniers jours pour se présenter aux Brtc, alors que ceux-ci étaient ouverts depuis le 18 août dernier. Qu’à cela ne tienne, le président de la Ceni s’est montré très clément en demandant à tous ceux qui ont des problèmes dans le dépôt des candidatures de se présenter aujourd’hui au siège de son institution. Il a à cet effet rassuré que tous ces dossiers seront traités par lui-même et son bureau.

La Ceni reste ouverte

C’est dans un climat bon enfant que cette concertation, tant souhaitée a eu lieu. Tous les problèmes non réglés le seront. Car, a assuré le n°1 de la Ceni, les portes de son institution seront toujours ouvertes. « La Ceni est toujours disposée à échanger avec tout le monde sur toutes les questions qui touchent au processus électoral. Notre invitation adressée à tous les partis et regroupements politiques à signer le code de bonne conduite des partis politiques lors du dernier forum avait pour objectif de garantir les élections apaisées en Rdc », a-t-il conclu.

Yassa

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